Bilan des dégâts post-Garance : les premiers enseignements du diagnostic gouvernemental

Une série d'expertises lancées après les dégâts causés par Garance a révélé des défaillances dans les constructions. Ces analyses permettront de mieux préparer l'île aux catastrophes climatiques à venir.
Les vents forts du cyclone Garance ont causé de nombreux dégâts sur les bâtiments du Nord et de l’Est de l’île. À la demande du préfet, une série d’expertises de ces bâtiments endommagés a été menée par la DEAL afin d’en déterminer les causes et, in fine, mieux appréhender les prochaines catastrophes climatiques à La Réunion.
“On sait qu’il y aura d’autres événements cycloniques, peut-être plus forts encore que celui-là, il faut que l’on puisse avoir des constructions qui résistent mieux”, explique Philippe Grammont, directeur de la DEAL.
Une mission inédite d’expertise de l’habitat
Avec le concours du Centre Scientifique des Techniques du Bâtiment (CSTB), le Conseil en Architecture, en Urbanisme et en Environnement et l’Ordre des Architectes ont réalisé un diagnostic des constructions les plus touchées. Une dizaine d'architectes ont procédé à des analyses terrain, effectuant environ 400 interventions. Les experts de la construction ont également pu analyser les dégâts à l’aide de techniques inédites de repérage au smartphone ou encore via un outil de street view.
Qu’il s'agisse de bâtiments mal construits, de problèmes de maintenance et d’entretien, d’un défaut de préparation à l’arrivée de Garance, ou de difficultés liées aux normes constructives, ce diagnostic hors normes permettra de caractériser une typologie de désordres liés au cyclone.
Des défauts d’entretien et de mise en œuvre confirmés
Les analyses, dont les conclusions devraient être présentées mi-mai, sont en cours d'examen par le CSTB. Les premiers résultats permettent d’identifier la nature d’un certain nombre de dégâts constatés. Des portes et fenêtres mal entretenues, mal “barricadées”, mais aussi des défauts de construction expliquent une partie des dommages.
“On constate dans un certain nombre de cas des défauts d’entretien. Les ouvrants qui ont été mal préparés ou des défauts d’entretien”. Des portes et fenêtres se sont alors ouvertes au moment du cyclone, laissant le vent pénétrer à l’intérieur et soulever la toiture.
Les expertises confirment aussi des suspicions en matière de malfaçons : “On a pu constater un défaut de mise en œuvre dans la façon dont la toiture a été scellée au reste du bâtiment”, annonce le directeur de la DEAL. “Il est prématuré de donner l’ensemble des enseignements”, souligne toutefois avec prudence le directeur de la DEAL qui ajoute “le travail est en cours”.
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Vers une évolution des pratiques pré-cycloniques
Le rapport définitif doit permettre de tirer les enseignements de Garance et donnera lieu à un travail de réflexion sur les constructions de demain et pourrait donner lieu à une évolution des normes paracycloniques.
“Avec l’ensemble des acteurs de la chaîne de construction, on travaillera avec la FRBTP, avec la CAPEB, pour partager les résultats”.
En amont de ce travail long sur la durée, des mesures concrètes d’amélioration des pratiques locales devraient être introduites avant la prochaine saison des pluies, notamment en ce qui concerne la prévention, l’entretien et la sécurisation du bâti.
Ce type de diagnostic va également pouvoir être répliqué dans d’autres situations de crises cycloniques, dans d’autres territoires ultramarins en cas de crise climatique.


