Leur maison détruite par Garance, ils découvrent les matériaux bon marché utilisés par leur artisan

Le toit de Justine et Yvan s’est envolé au matin du passage au plus près du cyclone Garance, à Bras-Panon. Près de deux mois après la catastrophe, la théorie des malfaçons se confirme : la construction révèle plusieurs vices cachés.
Le cyclone Garance a emporté avec lui les biens matériels de centaines de familles réunionnaises. Dans l’Est de l’île, particulièrement touché par les vents violents, Justine et Yvan ont vu leur toiture s’envoler, presque entièrement. Un peu plus d’un mois après le désastre, le couple en sait davantage sur les raisons pour lesquelles leur maison, pourtant récente et construite sous l’œil d’un bureau d’études et d’un architecte par un artisan, n’a pas résisté à la force des rafales.
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Sous l’autorité de la DEAL, un groupe d’experts composé d’architectes et d’artisans a été dépêché sur le terrain pour analyser les habitats les plus durement touchés par le phénomène et déterminer les causes des sinistres. La toiture révèle plusieurs malfaçons. À la place des vis réglementaires prévues dans le cahier des charges, l’entreprise mandatée pour réaliser les travaux de la charpente a utilisé des goujons — des fournitures bien moins coûteuses : 1,50 € contre 9 € pour les vis conformes. Le constat est le même pour la partie chaînage : les experts découvrent qu’à la place des quatre fers de 12 mm de diamètre exigés, seuls deux fers de 10 mm ont été posés.
En plus des économies faites sur les matériaux, le rapport d’expertise indique que la toiture est mal posée, avec des vissages bord béton.
Aujourd’hui, tout le chaînage est à refaire avant d’entreprendre la reconstruction du toit.
Yvan se dit totalement consterné par la découverte des malfaçons et par les agissements de l’entreprise à laquelle ils avaient accordé leur confiance :
“On est énervés de voir ça. On s’en doutait quand on a vu qu’on était l’une des seules maisons du quartier à voir son toit partir, mais on est en colère. On a payé un bureau d’étude, un architecte, et une entreprise soi-disant compétente, et on a été mis en danger.”
L’état de catastrophe naturelle ayant été reconnu, le couple, relogé temporairement à Saint-Benoît par l’assurance habitation, espère un retour chez lui dans l’année. “Les entrepreneurs nous disent que, dans le meilleur des cas, ce ne sera pas avant quatre mois.”


