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Bien-être animal : la filière cunicole expérimente la fin des cages à lapin

La Coopérative de producteurs de lapins de La Réunion (CPLPR) inaugurait ce mardi sa deuxième exploitation engagée dans l'expérimentation du plan BEATRIX. Un projet qui a pour objectif le bien-être animal.
Ecrit par P.B. – le mardi 24 septembre 2024 à 17H50

Dans ce nouveau bâtiment construit pour améliorer le bien-être animal, les lapins disposent certes de plus de place, mais sont aussi plus nombreux. Fini les cages métalliques pour ces animaux sociaux. Chez Marie-Annie, éleveuse depuis 2010 à la Plaine des Grègues, ils sont désormais une centaine de lapins par parc de 2x3 m, qui compte également une petite mezzanine.

“Les lapins sont plus heureux. Avant, ils étaient à l'extérieur dans des cages, maintenant, ils sont à l'intérieur dans des parcs. Je peux les voir directement le matin quand j'arrive et c'est bien”, se réjouit Marie-Annie. L'agricultrice diffuse par ailleurs de la musique dans son bâtiment pour réduire le stress de ces animaux particulièrement anxieux.

Lapins plus libres, agricultrice épanouie

Marie-Annie s'est lancée dans le plan bien-être, il y a 7 mois, alors qu'elle devait moderniser son exploitation. La Coopérative des Producteurs de Lapins de La Réunion (CPLR) en a ainsi profité pour lui présenter ce projet Bien Être Animal Transition Relance Innovation Expérimentation (BEATRIX) en réponse à la directive européenne de juin 2021, destinée à éliminer progressivement l’élevage en cage d'ici à 2027-2030.

“C'est un changement radical de mode d'élevage”, assure Jimmy Payet, directeur de la CPLR.

L'élevage des lapins se fait ici dans un bâtiment aux larges fenêtres coté mer pour protéger les animaux des conditions climatiques et de la prolifération des maladies. Les lapins redoutent également la chaleur et les courants d'air. Entre 75 et 80 jours d'engraissement, les lapins sont ensuite envoyés à l'abattoir, avant qu'ils aient atteint leur maturité sexuelle pour éviter les bagarres.

100.000 euros d'investissement

Sur le premier élevage, on a pu faire tout ça avec une absence totale de traitement en engraissement, se félicite le directeur de la CPLR.  L'élevage de lapin est pourtant connu pour être gourmand en antibiotiques.

Passer de l'élevage standard très peu normalisé à l'expérimentation BEATRIX nécessite cependant des ajustements, reconnait Jimmy Payet. Outre l'achat de caillebotis adaptés aux lapins, l'augmentation de l'espace dédié implique de renforcer le programme alimentaire composé notamment de luzerne. Chez Marie-Annie, l'enveloppe a été de 100.000 euros pour les travaux de construction et 35.000 euros pour les parcs et les accessoires. Des travaux en partie financés par l'Europe, l'État, l'Odeadom avec la participation de l'Aribev. Le surcoût pour le producteur ne devrait pas pour le moment être supporté par le consommateur réunionnais. C'est dans ce sens que la CPLR “cherche des leviers de valorisation, à travers la labellisation notamment”, explique Jimmy Payet.

La filière a ainsi reçu récemment le label de commerce équitable, Agri-Ethique, qui soutient les pratiques respectueuses de l’environnement et du bien-être animal. La CPLR est la première filière cunicole de France et des DOM à l'obtenir. Un premier pas pour tendre vers de bien-être, lutter contre les niveaux élevés de stress mais aussi lutter contre les taux élevés de mortalité et de morbidité des lapins d'élevage.

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