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Avec le rachat de Bolloré Logistics, la compagnie CMA CGM s'ancre à La Réunion

Après son hub de transbordement lancé au Port en 2016, CMA CGM s'est emparé du leader local du marché des transitaires Bolloré Logistics Réunion. Dans un contexte de baisse historique du trafic au Grand Port Maritime (-9%) et de chute de son propre chiffre d'affaires annuel (-36,9%), le géant marseillais CMA CGM diversifie ses activités en prenant le contrôle d'une partie de l'empire de Vincent Bolloré.
Ecrit par T.L. – le mardi 5 mars 2024 à 06H01
Photo d'illustration Twitter CMA CGM.

Après les profits gigantesques des années post-Covid, période durant laquelle CMA CGM s'est positionnée comme l'entreprise française la plus rentable devant TotalEnergies (23,5 milliards d'euros de bénéfice en 2022), la compagnie maritime a publié le 23 février dernier ses chiffres pour l'exercice 2023, marqués par un fort recul de ses bénéfices à 3,3 milliards d'euros.

Et moins d'une semaine après la publication de ses résultats financiers, le géant marseillais du fret maritime et aérien a officialisé le rachat pour 4,850 milliards d'euros de Bolloré Logistics (14.000 salariés), se positionnant avec cette acquisition dans le top 5 mondial des entreprises de transit.

« Bolloré Logistics est très complémentaire avec Ceva, notre filiale logistique », livre à Zinfos974 un cadre de la société. « Bolloré est très présent dans le transit entre l’Europe et les Etats-Unis, nous c’est entre les Etats-Unis et l’Asie. On était sur des géographies différentes et sur des types de clients différents. On s’occupe beaucoup de logistique informatique, de véhicules automobiles, là où Bolloré est très fort dans le luxe, la pharmacie, la défense ou l'aérospatiale, beaucoup d’aérien aussi. Ceva est très fort dans l’entreposage. Cette complémentarité là est très forte, on arrive à couvrir plus d’expertise et plus de géographie. »

Si l'arbitrage de la Commission européenne a contraint CMA CGM à céder tout (aux Antilles et en Guyane) ou partie (en Polynésie) des activités de Bolloré Logisics à des concurrents locaux, voire de limiter ses parts de marché à 35% (en Nouvelle-Calédonie), l'autorité de contrôle n'a imposé aucune restriction à la reprise de Bolloré Logistics Réunion.

Selon nos confrères du Quotidien de La Réunion, Bolloré Logistics Réunion a traité 6.200 tonnes de fret aérien et 24.150 conteneurs EVP (équivalent vingt pieds) en 2022, se positionnant comme le premier commissionnaire de l'île. En 2016, CMA CGM avait déjà misé sur Port Réunion en y installant un hub de transbordement censé porter la capacité totale de traitement des installations portuaires à 415.000 EVP.

La compagnie française possède un hub de transbordement à La Réunion.

Selon le bilan annuel du Grand Port maritime, l'autorité de gestion des activités portuaires, 323.840 conteneurs EVP ont été manutentionnés en 2023 (-18%), dont 70.000 en transbordement (-13%), dans un contexte de chute de l'activité jamais vue depuis 2015. « La Réunion n'aura donc pas été épargnée par la crise mondiale impactant le transport maritime », conclut le Grand Port maritime.

« Ces investissements sont réalisés pour constituer une seconde jambe dans le groupe », souffle-t-on à Marseille, en évoquant un principe « d’amortisseur dans un secteur, la logistique, qui est un peu moins volatile » que le transport maritime. Dans un contexte de crise géopolitique intense dans le canal de Suez, à travers lequel la compagnie continue de naviguer en l'échange d'une hausse parfois conséquente des tarifs proposés à ses clients, la route secondaire entre le cap de Bonne-Espérance, La Réunion et le détroit de Malacca fait désormais figure de route maritime la plus sûre pour le commerce entre l'Asie et l'Europe.

Infographie Grand Port maritime

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