Au Tampon, le maire balaie l'idée d'un "trésor communal" et défend "l’argent du peuple"

Le conseil municipal du Tampon a donné lieu à des échanges vifs, notamment autour du budget primitif 2026. La nouvelle équipe assume une ligne de transition sans renier ses positions politiques.
Les premiers échanges entre majorité et opposition du Tampon se sont tenus à l’occasion du vote d’actualisation des autorisations financières liées à des projets lancés sous l’ancienne mandature. Voie urbaine, Parc du Volcan ou encore travaux de réhabilitation...des dossiers hérités que la nouvelle équipe municipale a choisi de poursuivre.
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Le maire Alexis Chaussalet a justifié cette position, tout en assumant ses désaccords passés : "il serait irresponsable de notre part d’y mettre fin. On laisse des entreprises, des gens, des projets s’arrêter le bec dans l’eau. Le projet est celui d’agir dans un esprit de transition, mais en revanche aucun changement sur nos positionnements politiques. Notre opposition au projet du Parc du Volcan est identique, mais que souhaitez-vous faire d’un projet déjà bâti, le laisser fermer ?"
Face à cette ligne, Nathalie Bassire, dans l’opposition, a voté contre des projets auxquels elle s’était déjà opposée auparavant.
Gel fiscal
Autre point abordé : le gel des taux d’imposition. La majorité assure vouloir protéger le pouvoir d’achat. Ainsi, aucun effort fiscal supplémentaire ne sera demandé aux ménages malgré les contraintes budgétaires.
Jean-Richard Lebon, pour l’opposition, a salué le travail de l’ancienne équipe, évoquant "le véritable trésor communal" laissé, permettant selon lui d’éviter d’activer le levier fiscal.
Une lecture vivement contestée par le maire. "On parle bien des finances nécessaires à l’amélioration des conditions de vie des Tamponnais. C’est l’argent du peuple et il faut qu’il serve au peuple", a-t-il répondu, incisif.
Le budget primitif 2026 a cristallisé les débats. Alexis Chaussalet a présenté ce document comme "un tournant historique de concrétisation des premiers engagements en moins de 30 jours de la nouvelle équipe municipale", évoquant à la fois "une période de transition actée" et "des ruptures engagées". Parmi les axes stratégiques affichés, outre la protection du pouvoir d’achat, la réussite éducative avec le recrutement de 32 ATSEM, le renforcement de la sécurité de proximité avec la création de quatre postes de police municipale dès cette année, ou encore le déploiement de dispositifs de démocratie locale avec les "30 Kaz 2 Kartié ".
Utilisation "déraisonnable" des contrats PEC
Face aux effets du désengagement de l’État, le maire a tenu également à dénoncer "la structuration entière de services avec des contrats PEC" en estimant que la précédente majorité s’était "déraisonnablement appuyée sur des emplois voués à disparaître".
Côté chiffres, le budget prévoit 96 millions d’euros de dépenses réelles de fonctionnement, en hausse de 2,32 % par rapport à 2025, notamment en raison de l’augmentation des charges de personnel pour assurer la continuité du service public. Les priorités portent sur le social, la protection des agents et la modernisation des services.
En investissement, 84 millions d’euros sont inscrits, dont 38 millions en équipements. Un budget qualifié par la majorité d’"ambitieux et responsable", avec des indicateurs jugés favorables, notamment une capacité de désendettement de 6 ans, sous le seuil de vigilance de 12 ans.
Poursuite des projets engagés et octroi de mer
Plusieurs opérations sont programmées en 2026 : travaux de voirie, poursuite du programme d’aires de jeux, réception de crèches ou encore études pour la construction de nouveaux barrages collinaires. Là encore, le maire du Tampon assume la continuité. "J’en ai bien conscience, ces projets pour un certain nombre étaient déjà dans les cartons. Il aurait été irresponsable de notre part de les jeter à la poubelle", a-t-il lancé.
Sur la question budgétaire, Patrice Thien Ah Koon a pointé une hausse de 14,52 % de l’octroi de mer entre 2025 et 2026. Une taxe "nécessaire pour notre budget mais en même temps, supportée par l'ensemble de la population". Une critique balayée par Alexis Chaussalet. "Je constate que la critique sur la Région est facile, mais lorsque nous avions besoin des fonds de la Feder ou de la Région pour faire des aires de jeux, on vous entendait moins critiquer ", a-t-il lancé.
Une "bonne gestion" décriée
Jacquet Hoarau a défendu le bilan de l’ancienne équipe, affirmant ne pas avoir laissé un trésor, "mais de très bons ratios", évoquant également le "maintien de justice sociale".
Une position immédiatement contestée par la majorité. Le conseiller municipal Aurélien Picard a répliqué : "Parler de bonne gestion, ça s’est fait sur le dos de la qualité de vie au travail des agents communaux".


