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Attention à ce que la calebasse ne finisse par se casser !

Je vous en avais déjà parlé vendredi dernier, et à nouveau hier. Du souhait de l’Élysée, de l’Assemblée nationale et du Sénat de voir leurs budgets augmentés. De 2,5% pour l’Élysée et de 1,7% pour les deux assemblées.
Ecrit par Pierrot Dupuy – le mardi 15 octobre 2024 à 17H45

Les réactions offusquées ont été nombreuses. Valérie Pécresse, la présidente de la région Île-de-France, pourtant LR comme le Premier ministre, avait eu une réaction indignée : "Où est la République exemplaire ?"  François Ruffin également y était allé de son tweet : "4.000 profs en moins pour l’Éducation nationale, baisse des remboursements médicaux par la Sécu, coupes dans Ma Prime Rénov… Pour les Français, c’est le rationnement, mais là-haut, dans son château, Macron augmente son budget de 3 millions d’euros !"

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La situation devenait intenable et la nouvelle est tombée ce matin. Devant le tollé provoqué dans le presse et dans la population, les trois institutions renoncent à leurs augmentations.

Au moment où "le gouvernement a annoncé de nombreuses économies", "le chef de l’État souhaite que la présidence de la République donne l’exemple", a indiqué l’Élysée dans un communiqué. Cela représentera donc une économie d’environ trois millions d’euros pour le budget de l’État.

Les deux chambres du Parlement ont-elles aussi renoncé à l’indexation de leurs dotations sur le taux d’inflation. "Il est normal et indispensable que les deux assemblées participent à l’effort demandé à tous pour redresser les finances publiques de notre pays", assurent les présidents des deux chambres.

Parfait, sauf qu’à mon avis, ce n’est pas suffisant ! Quitte à vouloir "donner l’exemple", comme le proclame Emmanuel Macron, il aurait fallu aller jusqu’au bout de la démarche. L’effort demandé aux différents ministères ne consiste pas à un simple gel des budgets aux niveaux de l’année dernière, mais à une baisse de 10%.

Il aurait fallu une baisse de 10%

Pour être logique, il aurait donc fallu que l’Élysée, l’Assemblée nationale et le Sénat baissent leurs budgets de 10% également. Là seulement on aurait pu parler d’égalité et d’exemplarité.

D’autant que l’on apprend chaque jour de nouvelles suggestions d’impôts. La dernière en date, qui n’en est qu’au stade de projet pour le moment, est émise par un organe de la Cour des comptes qui préconise de revenir sur "certains traitements fiscaux préférentiels", injustifiés, selon lui.

Cet organe, le Conseil des prélèvements obligatoires, publie donc aujourd’hui une note visant à "conforter l’égalité des citoyens devant l’imposition des revenus". Pas à une contradiction près, il rappelle pourtant dans un premier temps "que 73,5 % de l’impôt sur le revenu (avant crédits d’impôt) a été acquitté par le dixième de la population (…) en 2023". Ce que lui appelle la "plus aisée" mais qui n’est autre que la classe moyenne, les plus aisés comme il dit ayant les moyens de se payer des conseillers financiers pour ne pas acquitter d’impôts. Ou presque pas. Ça n’empêche pourtant pas ce fameux conseil de proposer de taxer encore plus cette tranche de la population, au nom de plus de "justice et de cohérence fiscales".

Seraient donc visés les avantages sur les pensions pour les retraités les plus aisés en réservant l’abattement de 10% sur les pensions de retraite pour l’impôt sur le revenu aux "retraités les plus modestes". Le coût global pour les finances publiques de cette mesure est de 4,6 milliards d’euros par an et l’économie qui pourrait être ainsi réalisée serait de 1,4 milliard à 1,8 milliard, selon le plafond de ressources choisi.

"Met’ enkor, la pas assé"

Mais ce n’est pas tout. Ce fameux conseil fait tout un tas d’autres préconisations. Je vous en passe et des meilleures. Mais juste une petite dernière pour la route : concernant le crédit d’impôt pour l’emploi d’un salarié à domicile, vous savez, pour l’embauche d’une femme de ménage ou d’un jardinier, le CPO suggère de ramener le taux de 50 % à 40 %. Ce dispositif, qui a coûté 5,9 milliards en 2023, se concentrerait "sur les foyers les plus aisés" et sa réduction permettrait une économie de 770 millions d’euros. Et tant pis si ça crée plus de chômage !

En France, on n’a pas de pétrole mais on a des idées, surtout quand il s’agit d’inventer de nouveaux impôts et de ponctionner toujours un peu plus dans la poche des con-tribuables.

Pour mémoire, rappelons que la pression fiscale en France est déjà l'une des plus élevées au sein des pays de l'OCDE. Un travailleur célibataire reverse déjà à l’État 46,8 % de ce qu’il touche. Et les cotisations sociales représentent déjà aussi 102 % du salaire net, ce qui est également le plus élevé dans l'UE.

Et après, on vient nous parler de préservation du pouvoir d’achat.

Comme on dit en Créole, "met’ enkor, la pas assé". Et puisqu’on est dans les proverbes, il y en a un autre que j’aime bien : "afors alé à lo, kalbas i pète".

Comprenne qui pourra.

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