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Arrêtés à Gillot, la mule et son surveillant présumé renvoyés à l’instruction

Ecrit par S.G. – le mercredi 11 mars 2026 à 16H22
Contrôles à l'aéroport Réunion Roland Garros.

En plus d’une mule interceptée le 15 janvier dernier à l’aéroport avec plusieurs kilos de stupéfiants, les douaniers avaient également arrêté un voyageur soupçonné de jouer le rôle de "surveillant" du bon déroulement des opérations.

La mule voyageait-elle avec un chaperon ? C’est ce que soupçonne la justice après l’interpellation, le 15 janvier dernier à Gillot, d’une voyageuse en provenance de Paris avec plusieurs kilos de drogue.

Ce jour-là, les douaniers en poste à l’aéroport Réunion-Roland Garros contrôlent une jeune femme au comportement suspect. Dans ses bagages, ils découvrent une importante quantité de stupéfiants : 2,4 kg de cocaïne, 5 kg de résine de cannabis et 11 kg de poudre de cathinone, une molécule utilisée notamment pour la confection de "Dou".

Lire aussi : Lutte contre les stupéfiants : 2025, l’année des mules

Echange de regards

Mais les fonctionnaires s’intéressent également à un autre passager du même vol, qu’ils soupçonnent d’avoir joué le rôle de "surveillant" de la mule. En effet, ils constatent sur les images de vidéosurveillance ce qu’ils interprètent comme des échanges de regards complices entre les deux voyageurs, qui auraient également "consulté leur téléphone au même moment."

Appréhendé, l’homme est trouvé en possession d’une petite quantité de résine mais, surtout, refuse de donner les codes permettant de débloquer son téléphone. Un comportement considéré comme une obstruction à l’enquête, constitutive d’un délit. En garde à vue cependant, chacun des deux suspects affirme ne pas connaître l’autre.

Placé en détention provisoire, le "couple" a été présenté à juger en comparution à délai différé mercredi 11 mars. A la surprise de la défense, le parquet va cependant demander le renvoi de l’affaire à l’instruction afin de pousser plus avant les investigations.

Des réquisitions bancaires avaient pourtant déjà été effectuées, permettant de constater que les deux voyageurs avaient acheté leur billet d’avion via le même site de vente, mais aussi que l’homme avait déjà perçu des transferts d’argent possiblement en lien avec une affaire de trafic de stups.

"Aucun lien entre eux" pour la défense

"Mais il n’y a aucun lien entre eux", martèle le bâtonnier Laurent Payen, qui défend le "surveillant" présumé. "Ce dossier repose sur du sable. Combien de personnes consultent leur téléphone en descendant d’avion ou achètent leur billet sur Opodo ? Il n’y a rien qui les relie l’un à l’autre. D’ailleurs, le téléphone de Madame a été exploité et ne montre aucun échange entre eux", soutient-il.

Pour la défense de la "mule", Me Catherine Moissonnier ne voit pas non plus d’intérêt à attendre pour juger sa cliente, prise en flagrant délit. "Elle a reconnu tenir ses instructions d’une autre personne, et les derniers contacts qu’elle a eus avant de décoller sont avec des membres de sa famille", souligne l’avocate.

Mais après en avoir délibéré, le tribunal va donner raison au parquet, l’invitant "à mieux se pourvoir" au moyen d’une ouverture d’information judiciaire. Les trafiquants présumés ont été maintenus en détention en vue d’une comparution devant le magistrat instructeur.

Etiquettes : Trafic de drogue

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