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Armée : face à la menace chinoise et russe, la BA 181 va recevoir des drones Reaper et deux hélicoptères supplémentaires

Ces dernières années, plusieurs rapports parlementaires ont mis en lumière les insuffisances des moyens des forces de souveraineté présentes dans les DOM-TOM, et en particulier à La Réunion. Au regard de la montée des dangers, l'état-major de l'armée a décidé de renforcer significativement les capacités opérationnelles de l'ile en lui permettant d'accueillir quand nécessaire des drones Reaper et en lui adjoignant deux hélicoptères supplémentaires.
Ecrit par Pierrot Dupuy – le dimanche 14 juillet 2024 à 21H44
Crédits : aae (Armée de l'Air et de l'Espace)

La professionnalisation des armées, décidée en 1996, et la Révision générale des politiques publiques (RGPP) menée entre 2008 et 2013 ont entraîné une réduction significative des effectifs (-20 % sur cette période) et des capacités temporaires (RTC). Le site "Zone militaire OPEX 360" nous apprend que la volonté affichée par le gouvernement de rattraper ce retard prendra du temps, malgré plusieurs programmes récemment lancés pour renforcer ces capacités, comme l'introduction des Patrouilleurs outre-Mer (POM) de la classe "Félix Éboué".

Dans le domaine aérien, les Forces armées dans la zone sud de l'océan Indien (FAZSOI) ne disposent actuellement que de deux avions de transport légers CASA CN-235 et d'un hélicoptère Panther, souvent embarqué à bord des frégates de surveillance "Floréal" et "Nivôse".

Confrontées à des ingérences russes et chinoises croissantes, ces forces recevront de nouveaux moyens, mais pas avant 2028. Le général François-Xavier Mabin a annoncé au Sénat que des capacités supplémentaires, notamment ponctuellement des drones MALE (Moyenne Altitude Longue Endurance) de type Reaper, des avions de surveillance Falcon 2000, des avions ravitailleurs et des avions de transport A400M, seront disponibles à partir de 2030.

La zone sud de l'océan Indien est confrontée à divers défis : risques cycloniques, pression migratoire, narcotrafic, piraterie et propagation de l'islamisme radical au nord du Mozambique. Dans ce contexte, les bases de La Réunion et de Mayotte sont considérées comme des points d’appui "sûrs", ne subissant pas les potentielles versatilités politiques d'États tiers.

Actuellement, les FAZSOI comptent environ 2.000 militaires, dont 1600 à La Réunion et 400 à Mayotte. La LPM prévoit une augmentation de 220 postes à La Réunion et 90 à Mayotte d'ici 2030, portant le total à 2.360 postes. Cette hausse profitera notamment au 2e RPIMa et au 5e Régiment Étranger (ex-Détachement de la Légion étrangère de Mayotte), renforcé par deux unités spécialisées.

La Marine nationale recevra les patrouilleurs outre-mer "Auguste Techer" et "Félix Éboué" en 2025 et 2026, capables de déployer des drones aériens. La base aérienne 181 "Lieutenant Roland Garros" verra ses capacités renforcées, etrecevra deux hélicoptères de manœuvre Cougar auprès du 2e RPIMa à partir de 2028.

Un investissement de plus de 180 millions d'euros est prévu pour les infrastructures de La Réunion, et environ 50 millions d'euros pour celles de Mayotte.

Etiquettes : DA181

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