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Après avoir frappé son ex-compagne, il poursuit ses proches en voiture : direction la prison

Ecrit par Lucas Candessoussens – le vendredi 24 juillet 2026 à 18H27

Jean S., un homme d'une soixantaine d'années, est jugé en comparution immédiate pour des faits de violences sur plusieurs personnes. Lors d'une soirée, une dispute avec son ex-compagne a dégénéré.

Un soir, aux alentours de 22 heures, les gendarmes sont avisés qu'une altercation est en cours devant leur brigade de Bras-Panon. Sur place, ils découvrent Jean S., un retraité, l'épaule ensanglantée. L'homme, manifestement alcoolisé, présente une plaie à l'épaule. Les militaires constatent également que son véhicule est endommagé du côté passager.

Jean S. raconte alors sa version des faits : il affirme avoir été poignardé par l'un de ses proches lors d'une soirée festive et avoir pris la fuite en voiture pour se réfugier à la gendarmerie. Rapidement identifié, l'auteur présumé du coup de couteau ne conteste pas avoir blessé le retraité. Mais les investigations révèlent rapidement que cette affaire ne se résume pas à une simple rixe entre personnes alcoolisées.

Une dispute avec son ex-compagne

Au fil des auditions, les gendarmes reconstituent le déroulement de la soirée. Jean S. retrouve trois de ses proches, dont son ex-compagne avec laquelle il est resté en bons termes, pour partager un moment convivial autour de quelques verres. Tous décident ensuite de poursuivre la soirée au domicile du retraité.

Au cours de la soirée, le prévenu et son ex-compagne se disputent au sujet de leur fille. Cette dernière est actuellement détenue après avoir agressé sa mère avec un couteau. Les faits ont depuis été requalifiés en tentative de meurtre par la justice.

Jean S. demande alors à son ex-compagne de retirer sa plainte. Face à son refus, il perd son sang-froid et lui assène plusieurs gifles.

La situation dégénère rapidement. Selon les témoignages recueillis, le retraité s'empare ensuite d'une arme de chasse et poursuit les trois autres convives, qui prennent la fuite. Jean S. remonte alors dans son véhicule et les suit. D'après les victimes, il va jusqu'à rouler sur un trottoir au cours de cette poursuite.

Intervention au couteau

Après avoir rattrapé le groupe, l'un des hommes tente de mettre un terme à la course-poursuite en frappant le rétroviseur du véhicule. Jean S. descend alors de sa voiture muni d'un manche de pioche et frappe son proche. C'est à ce moment que ce dernier sort un couteau et le blesse à l'épaule, selon les éléments recueillis par les enquêteurs.

Face à ces déclarations, Jean S. est à son tour convoqué par les gendarmes.

À l'audience, il reconnaît avoir exercé des violences sur son ex-compagne, mais conteste le reste des faits. Selon lui, il n'avait pas l'intention de renverser les victimes avec son véhicule et explique que l'alcool lui aurait fait perdre le contrôle de sa voiture.

Des témoignages viennent toutefois corroborer les déclarations des victimes.

Déjà condamné l'année dernière

La présidente rappelle qu'en 2025, Jean S. avait déjà été condamné à six mois d'emprisonnement pour avoir porté un coup de sabre au visage de son fils. Une peine qui n'avait toujours pas été exécutée.

« Dans tous les cas, après ça, vous irez en prison », lui lance la magistrate. À la barre, le retraité reste silencieux lorsque la cour l'interroge sur ses problèmes d'alcool.

La partie civile souligne qu'il ne s'agit pas non plus de sa première condamnation pour conduite sous l'emprise de l'alcool.

Le ministère public estime que les violences sont pleinement caractérisées. Compte tenu de la dangerosité du prévenu et de son passé judiciaire, fort de six mentions à son casier, il requiert une peine de trente mois d'emprisonnement, dont douze mois assortis d'un sursis probatoire, ainsi qu'un mandat de dépôt.

La défense soutient pour sa part que Jean S. n'avait jamais eu l'intention de percuter les victimes avec son véhicule, mais uniquement de les poursuivre. Son avocat sollicite une peine susceptible d'être aménagée.

Après en avoir délibéré, le tribunal condamne finalement Jean S. à deux ans d'emprisonnement, dont un an assorti d'un sursis probatoire. Un mandat de dépôt est décerné. À cette peine s'ajoutent les six mois d'emprisonnement correspondant à sa précédente condamnation, restée jusque-là inexécutée.

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