Approche des baleines : "Ne pas tuer la poule aux oeufs d'or"

La fin de la prévention ? Pas tout à fait. Le message de fermeté de Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l'Ecologie, est venu interpeller le monde du tourisme de la mer. S'exprimant en Corse pour y commenter l'entrée en vigueur d'un arrêté fixant des limites plus restrictives en matière d'approche des cétacés, la ministre a confirmé les attendus de ce tour de vis qui va faire des vagues jusqu'à la Réunion.
Le texte de loi vise à "interdire toute perturbation intentionnelle des mammifères marins", souvent dérangés par des activités humaines, commerciales, scientifiques ou de loisirs. "Jusqu'à maintenant, vous n'aviez pas le droit de destruction, mais vous pouviez gêner par vos activités. Là, il n'est plus possible de déranger les mammifères marins", a ajouté la ministre de l'Ecologie.
"Un arrêté qui vise les 5% de comportements répréhensibles"
Encore plus explicite, la ministre a présenté les mesures phares du nouveau dispositif: "Vous n'avez pas le droit désormais d'aller les voir (les baleines) et de les empêcher de vivre".
Un cran de plus vers la répression qui marque sans doute une remise en question des chartes d'approche comme celle qui peut exister à la Réunion. "Il ne faut pas non plus tuer la poule aux oeufs d'or", estime la direction de la mer Sud-Océan-Indien qui compte toujours s'appuyer sur l'approche "douce" de la charte d'approche des mammifères marins. "Cet arrêté vient surtout en appui du volet prévention existant", estime Jean-Luc Hall, directeur adjoint à la Direction de la mer, sous l'autorité directe du Préfet. "Dans 95% des cas, ça se passe bien. Cet arrêté ne sera donc utilisé que pour les 5% de comportements excessifs. Et encore, la Direction de la mer juge que les agissements un peu limite des bateaux en approche est surtout le fait d'une méconnaissance des réglementations". "J'étais encore au large samedi et tout s'est bien passé. Pourvu que les professionnels respectent un cercle assez large autour du cétacé".
L'idée d'une labellisation fait son chemin
Selon le ministère de l'Ecologie, depuis l'entrée en vigueur de l'arrêté, aucune verbalisation n'a encore été recensée. C'est également le cas à la Réunion où l'idée d'une "labellisation" fait son chemin. "On en a encore discuté ce matin : il s'agirait de former les professionnels. Le tout en lien avec l'IRT", car les enjeux touristiques sont énormes pour une activité récente qui sert aussi de produit d'appel.
La phase d'explication est donc encore un peu privilégiée. Mais les professionnels des clubs de plongée, de tours en mer ou les plaisanciers sont prévenus.



