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Airbags Takata : la France s’attend à de nouveaux drames humains, un rapport pointe des failles et recommande des mesures fortes

Ecrit par S.F. – le jeudi 31 juillet 2025 à 11H21
(source : pixabay)

Des millions de véhicules circulent encore avec des airbags Takata défectueux. Un rapport alerte sur les risques persistants, notamment à La Réunion, et appelle à des mesures urgentes.

Un rapport publié cette semaine par l’Inspection générale de l’environnement et du développement durable (IGEDD) met en lumière les risques persistants liés aux airbags défectueux de la marque Takata. Ces dispositifs, à l’origine de ruptures meurtrières, ont déjà causé 18 décès en France, dont 16 dans les Outre-mer, et au moins deux à La Réunion selon le ministère des Transports.

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Des risques de nouveaux drames humains

La crise des airbags Takata perdure près de 20 ans après les premiers décès enregistrés en 2008. À la mi-juin 2025, 2,5 millions de véhicules étaient encore en cours de rappel en France, dont 1,7 million frappé d’une procédure d’interdiction de circuler (" Stop drive").
Les Outre-mer, dont La Réunion, sont parmi les territoires où les rappels peinent le plus à atteindre les propriétaires.

En juin 2025, plusieurs milliers de véhicules circulant sur l’île étaient encore concernés par un rappel obligatoire. Les autorités soulignent que le taux de réparation à La Réunion reste inférieur à la moyenne nationale, en raison de difficultés logistiques : véhicules d’occasion importés mal identifiés, retards dans l’acheminement des pièces, manque d’information des propriétaires.

Plus de risques dans les régions tropicales

Les conditions climatiques tropicales aggravent le danger : le nitrate d’ammonium utilisé dans les airbags Takata se dégrade plus vite sous l’effet de la chaleur et de l’humidité, augmentant le risque d’explosion de l’airbag en cas d’impact.

Ces failles laissent craindre de nouvelles ruptures mortelles tant que tous les airbags concernés n’auront pas été remplacés.

Ce que révèle le rapport de l’IGEDD

L’entreprise japonaise Takata, liquidée depuis 2017, est désignée comme le principal responsable, en raison de ses « mensonges répétés » et de la diffusion de plusieurs dizaines de millions d’airbags défectueux dans le monde. Le rapport distingue deux groupes de constructeurs : les plus réactifs, ayant lancé des rappels dès 2015-2016 (souvent déjà impliqués aux États-Unis), et ceux qui ont attendu 2017 à 2020 pour agir, après avoir constaté des dégradations.

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La mission souligne que le dispositif de rappel français est moins efficace que celui d’autres pays européens, et que le manque de fiabilité du système d’immatriculation (SIV) freine le remplacement rapide des airbags.

Les mesures recommandées

Pour accélérer le remplacement des airbags défectueux, le rapport recommande la mise en place d’une stratégie nationale unifiée, visant tous les airbags Takata contenant du nitrate d’ammonium.

Il propose également l’intégration du contrôle des airbags à la fois dans l’homologation des véhicules neufs et dans les contrôles techniques périodiques. L’IGEDD suggère la création d’un système baptisé " Vigilance auto", destiné à renforcer la traçabilité des véhicules et des pièces potentiellement dangereuses tout au long de leur vie.

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Autre mesure forte, les véhicules visés par une procédure " Stop drive " devraient obligatoirement faire l’objet d’une contre-visite pour pouvoir reprendre la route. La vente de véhicules équipés d’airbags non remplacés devrait également être interdite, et, en cas de non-conformité persistante, le certificat d’immatriculation pourrait être retiré.

Toutes ces mesures visent à ce que les véhicules concernés soient réparés sous deux ans. Mais le rapport avertit : tant que tous les airbags défectueux n’auront pas été remplacés, le risque de ruptures mortelles restera élevé.

Etiquettes : Airbags Takata

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