Airbags Takata : deux automobilistes racontent les mésaventures vécues avec leur concessionnaire

Alors que 35.000 véhicules font l'objet du rappel lié aux airbags de la marque Takata, les choses n’avancent pas assez vite selon des automobilistes concernés.
Un sujet sans fin. Deux mois après la prise en main par l'Etat d'une campagne de communication sur la procédure de rappel concernant les véhicules équipés d'airbags de la marque Takata, de nombreux véhicules circulent toujours sans pour autant que la pièce pouvant causer des blessures mortelles ait été changée.
Le président du syndicat de l’importation et du commerce de la Réunion (SICR), Philippe Rebboah, l’avait annoncé, les lettres recommandées ont bel et bien été reçues par les automobilistes.
Malgré tout, les concessions ne jouent pas le jeu selon les automobilistes visés par le rappel. “Je suis passé directement chez le concessionnaire après avoir reçu le courrier, faute d’avoir quelqu’un par téléphone. On m’annonce que j’ai bien fait et qu’ils vont commander la pièce et qu’elle sera disponible sous un mois”, déclare par exemple Maritchu, propriétaire d’une Volkswagen E-UP. “Je trouve ça ahurissant qu’on fasse au cas par cas alors qu’on reçoit un courrier avec écrit en gras et souligné qu’il y a des risques mortels et qu’aucune pièce ne soit disponible”, fustige la Saint-Pauloise.

Un cas par cas qui ne passe pas
En attendant, cette dernière rentre chez elle sans solution et doit s’organiser pour se rendre au travail sans véhicule : “C’était vraiment galère, j’ai dû m'arranger avec les voisins et les collègues pour me déposer”, ajoute l’automobiliste. Un mois plus tard, l’appel attendu arrive enfin. La pièce est bien sur l'île, il faut désormais déposer le véhicule en concession mais un problème surgit...
“On m’annonce que je peux déposer le véhicule mais je ne peux pas rouler avec. Je demande donc comment on fait pour venir le déposer. Le concessionnaire m’annonce alors qu’il ne prend pas en charge les frais de dépanneuse. Je lui demande si je dois contacter mon assurance et il me refroidit clairement en m’annonçant que, vu qu’il y a 38.000 véhicules concernés, les assurances ne jouent pas le jeu”. Le fait que la Saint-Pauloise ait eu un accident quelques semaines avant de recevoir le courrier et les propos décourageant du concessionnaire, elle décide de ne pas prendre contact avec son assurance. “Mon tort a peut-être été là”, reconnaît-elle.
Finalement, grâce à un de ses contacts, elle a pu déposer le véhicule à la concession mais elle ne peut s'empêcher de penser à “ceux pour qui les frais de dépannage ont été à leur charge”. Quant au changement de pièce, il s’est quand même fait rapidement.
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Le "stop drive" activé ou pas en fonction du lieu de circulation du véhicule
Un autre propriétaire embarrassé raconte son parcours émaillé d'incompréhensions. En août dernier, alors qu'il entend parler d'un premier décès dû à un airbag Takata en Martinique, Giorgio, un habitant de Saint-Pierre, va sur le site du fabricant de son véhicule pour savoir s'il est concerné par le rappel. Le fabricant lui demande alors le numéro VIN et le lieu de circulation du véhicule. Mais problème : son véhicule a été importé de métropole.
Même si la voiture circule à La Réunion, Giorgio fait une simulation en entrant les coordonnées de métropole par curiosité et une autre simulation en rentrant les coordonnées de La Réunion. “Quand j’annonce que le véhicule circule en métropole, il n’est pas concerné par le rappel, mais quand je rentre les coordonnées à La Réunion, on m’annonce qu’il est concerné”, s’interroge Giorgio, propriétaire d’une Skoda Fabia qu'il laisse à sa fille, étudiante.
Le technicien hospitalier contacte alors le concessionnaire à La Réunion qui le rassure mais le père réclame toutefois une trace écrite. Dès lors, sa fille reprend le véhicule, plus ou moins rassurée.
Intervient alors le 30 janvier dernier le deuxième décès à La Réunion causé par l’airbag de la marque japonaise. Le Saint-Pierrois contacte alors Skoda métropole car il s’interroge sur le fait que le rappel dépende du lieu de circulation du véhicule. Ce à quoi on lui répond de contacter au plus vite le concessionnaire situé à La Réunion. “J’ai alors dit au concessionnaire qu’il m’avait induit en erreur et qu’il me mettait en danger. Je leur ai demandé de changer au plus vite l’airbag défectueux”, poursuit Giorgio. “On m'a annoncé que ça allait être changé dans les meilleurs délais, sans pour autant me donner de délai”, précise le Saint-Pierrois. Il fallait attendre plus d’un mois d’après les dires du concessionnaire.
Après plusieurs relances houleuses, le concessionnaire récupère enfin la voiture sur le lieu de travail de Giorgio. “Ils m’ont demandé la clé, ils sont partis avec le véhicule. Pas de dépanneuse, c’est un mécanicien qui a roulé directement avec”, raconte-t-il. “Ça n’est pas normal d’en arriver là”, conclut Giorgio.


