Airbags Takata : au Port, une solution “made in Réunion” pour les neutraliser

C’est une course contre la montre qui s’engage à La Réunion : plus de 20.000 airbags Takata encore en circulation doivent être neutralisés. Pour y faire face, Metal Réunion a reçu une autorisation temporaire pour les traiter sur place, dans un cadre ultra-sécurisé.
La préfecture de La Réunion a accordé, par arrêté publié ce mardi 7 juillet, une autorisation temporaire à l’entreprise Metal Réunion pour traiter les airbags Takata jugés défectueux. Cette décision exceptionnelle s’inscrit dans le cadre de la campagne nationale de rappel de ces dispositifs pyrotechniques, considérés comme dangereux en raison de leur potentiel de projection de fragments métalliques.
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L’arrêté préfectoral invoque l'urgence de la situation : il s’agit de permettre l’élimination locale de milliers d’airbags Takata démontés dans les concessions automobiles de l’île. Estimant que le délai de réunion du CODERST (Conseil départemental de l'environnement et des risques sanitaires et technologiques) en vue de recueillir l'avis préalable de ce dernier sur le présent arrêté "n'est pas compatible avec l'urgence de la reprise de l'activité de destruction des airbags Takata sur le site de Metal Réunion", la préfecture a opté pour une procédure accélérée, fondée sur l’article L.512-20 du Code de l’environnement.
Un traitement sécurisé sur le site de l’Écoparc au Port
Metal Réunion est désormais autorisée à stocker et neutraliser, en temps réel, jusqu’à 1.000 airbags Takata stockés en temps réel sur son site de l’Écoparc, au Port. Un seuil maximal strictement encadré : seuls les airbags issus des rappels automobiles opérés par les concessionnaires réunionnais peuvent être pris en charge. Leur stockage est conditionné dans des fûts métalliques homologués, eux-mêmes confinés dans un conteneur renforcé.
Le processus de neutralisation s’effectue dans une enceinte sécurisée et sans aucun démontage mécanique. Toutes les manipulations doivent se dérouler dans cet espace dédié. Un registre rigoureux permet d’assurer la traçabilité des opérations, conformément aux exigences de l’administration.
Une solution insulaire innovante
Interrogé sur les garanties apportées pour obtenir cette autorisation préfectorale, un représentant de Metal Réunion souligne l’urgence d’une réponse locale : "Ces airbags ne peuvent pas être exportés, ni par bateau, ni par avion. Il fallait donc absolument trouver une solution réunionnaise. Nous avons travaillé en synergie avec les pouvoirs publics et les spécialistes pour établir un protocole sécurisé et adapté".
L’entreprise, déjà expérimentée dans le traitement des véhicules hors d’usage (VHU), a dû adapter ses procédures aux risques spécifiques des airbags Takata. "On a imaginé un process inédit, validé par les autorités, pour traiter ces airbags dans des cabines sécurisées, à l’écart, et garantir une solution de traitement insulaire fiable", précise l'entreprise portoise.
Un rythme de traitement estimé entre 100 et 200 unités par jour
Les opérations de collecte devraient reprendre dès le début de la semaine prochaine. Les airbags seront acheminés par camions spécialisés, depuis les concessions locales jusqu’au site du Port. Chaque transport devra respecter les réglementations en vigueur sur les matières dangereuses.
"On pense pouvoir en traiter entre 100 et 200 par jour, selon les difficultés techniques. Le rythme dépendra aussi des flux de livraison par les concessionnaires", indique Metal Réunion. L’entreprise insiste sur le strict respect des flux entrants : à tout moment, le site ne pourra contenir plus de 1.000 airbags.
20.000 véhicules réunionnais encore non traités
Selon les chiffres du Syndicat des importateurs et concessionnaires de La Réunion (SICR), seuls 10.000 véhicules ont été traités sur les 30.000 concernés sur l’île. L’ampleur du stock encore à neutraliser pourrait s’étaler sur plusieurs mois.
Pour Metal Réunion, l’enjeu dépasse la simple logistique : "L’objectif, c’est de traiter le plus vite possible, dans le respect de la sécurité et des réglementations. Mais tout dépendra aussi de la réactivité des automobilistes". L’entreprise espère ainsi jouer un rôle central dans la résolution d’un problème de sécurité publique, tout en démontrant sa capacité d’innovation dans un contexte insulaire.
À ce jour, aucun dispositif de traitement équivalent n’a été identifié en métropole. "On a tout conçu localement, de la chaîne logistique aux cabines blindées, en intégrant les recommandations des autorités. C’est une réponse réunionnaise à un problème réunionnais", conclut Metal Réunion.


