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Air Austral : Paul Vergès craint de se faire mettre à la porte

Paul Vergès, le président du Conseil de Surveillance d'Air Austral, a tenu une conférence de presse organisée à la dernière minute, suite à la découverte de l'invitation d'une prochaine assemblée générale ordinaire avec un seul et unique ordre du jour : "Recomposition du conseil de surveillance dans son ensemble, par révocation, et nomination des nouveaux membres du conseil de surveillance".
Ecrit par zinfos974 – le lundi 26 décembre 2011 à 18H28

"Paul Vergès en sursis". Ceci est le titre d'un article publié il y a quelques jours dans le Journal de l'Ile, et qui a eu pour effet de causer quelques tracas à Paul Vergès… Car si le président du Conseil de surveillance d'Air Austral s'est dit surpris à sa lecture, il a bien été obligé de constater aujourd'hui, à la réception d'un courrier confirmant cette annonce, que le journaliste était très bien renseigné.

"J'ai reçu une lettre m'invitant le 13 janvier à une assemblée générale ordinaire avec un seul ordre du jour :  la recomposition du conseil de surveillance dans son ensemble, par révocation, et nomination des nouveaux membres du conseil de surveillance", explique ce lundi, en conférence de presse, Paul Vergès qui, aussitôt, sent bien qu'il se trouve sur un siège éjectable.

Plusieurs éléments d'analyse lui viennent alors. "Cela pose d'abord un problème de principe, au-delà du problème de personne. C'est remettre en cause une tradition de plus d'1/4 de siècle qui est que le président du conseil de surveillance doit avoir la responsabilité de la stratégie, et le directoire a seul compétence de l'organisation de l'activité technique et commerciale". Pour Paul Vergès, l'un ne peut pas empiéter sur l'autre.

Un changement "transitoire"

Par ailleurs, Paul Vergès n'hésite pas à rappeler que ce type de tentative d'éviction n'est pas nouvelle. "A l'époque, une tentative de modification du conseil de surveillance, et de remplacement de son président, avait par l'intermédiaire de la Sematra, été tentée mais a échoué". Mais il l'atteste, les conséquences seront très graves arguant que "si nous faisons entrer les politiques politiciennes dans le fonctionnement de cette compagnie, on signe son arrêt de mort".

"Ce changement de présidence ne sera que transitoire car n'oublions pas que les deux assemblées, régionale et générale, ne formeront plus qu'une au moment de la réforme des collectivités locales. Mais ce sera désastreux pour la compagnie", lance le président du Conseil de surveillance qui n'entend pas préparer quelconque ligne de défense pour le 13 janvier.  "Je n'ai pas à me défendre, je veux qu'on me dise pourquoi? révoquer qui? nommer qui?", ajoute-t-il.

Pourquoi un tel ordre du jour? C'est suite à la demande par le conseil de surveillance d'une augmentation de capital d'Air Austral, pour répondre aux mieux à ses difficultés financières, que le conseil régional a demandé la recomposition du conseil de surveillance en arguant qu'il s'agissait d'assurer la survie de la compagnie. 

Paul Vergès réfute là encore cette attitude. "Le président du Conseil de surveillance fait-il l'objet de critiques? Ma politique a été adoptée à l'unanimité depuis plusieurs années. Pour ce qui est des difficultés de la compagnie, il faut regarder la conjoncture globale. C'est difficile pour tout le monde. Mais Air Austral demeure une belle réussite avec près d'un millier de salariés".

Des actionnaires proches de Didier Robert mèneraient une campagne contre l'A380

A la tête de ce millier de salariés, Gérard Ethève. La presse locale a alors demandé à Paul Vergès si le président du directoire pouvait lui aussi craindre pour son poste. Réponse : "Où est la garantie? J'ai connu d'innombrables démarches pour qu'il soit remplacé. Je m'y suis toujours opposé. Mais si je ne suis plus là, le prochain président du Conseil de surveillance va-t-il le défendre autant? Pour lui ce serait exceptionnel. Il a toujours été passionné par l'aviation et y a consacré toute sa vie".

Et que deviendraient les A 380? A la question d'un journaliste, "ce projet est-il alors en danger?", Paul Vergès assure qu'il ne s'agit plus d'un simple projet sur papier, mais qu'il est en cours de réalisation. Celui regrette toutefois, en toute confidence, qu'à la dernière réunion de la Sematra, "des actionnaires proches de Didier Robert ont mené une furieuse campagne contre l'A380"…

 

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