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Agression sexuelle sur mineur : Un multirécidiviste condamné à 14 ans de prison par le tribunal correctionnel

Des faits d'une particulière gravité étaient jugés ce vendredi devant le tribunal judiciaire de Saint-Denis dans le cadre d'une comparution à délai différé. Un homme né en 1970 avait à répondre d'agression sexuelle sur une enfant de 9 ans. Connu de la justice pour des faits similaires, il a déjà écopé de 26 ans de prison dont 12 pour des faits de viol sur mineur.
Ecrit par Régis Labrousse – le samedi 20 juillet 2024 à 08H01

Le prévenu, George-Marie Mahavande, est un homme bien trop connu pour des faits de viol et d'agression sexuelle. Cet homme de 54 ans a déjà été condamné au total à 26 ans de prison depuis 1998.

Condamné la première fois en 1998 à 12 ans de prison, il en fait 7 avant d'être libéré. À peine sorti, il récidive avec des faits d'agression sexuelle, toujours sur mineur, pour lesquels il est condamné à 7 ans en première instance puis à 10 ans en appel. Entre temps, il est recondamné à 4 ans pour des faits ultérieurs mais bénéficie d'une confusion de peine. Il sort de prison en 2021 et, suite à un AVC, ne fait plus parler de lui.

En 2023, il fait la rencontre d'une mère et de ses cinq enfants dont certains sont placés. Il vient en aide à cette famille qui est à la rue. Il leur trouve un hébergement et leur vient en aide. De plus en plus présent, il passe beaucoup de temps avec eux entre avril et octobre 2023. En novembre 2023, une association fait un signalement auprès des services compétents pour des faits de viol sur la petite fille de la famille alors âgée de 9 ans. Cette enfant en grande difficulté avec des troubles du langage et en grande fragilité confie à une copine qu'elle a été victime de pénétration sexuelle par "tonton George". L'enquête sera longue car la mère, qui s'avère totalement défaillante envers ses obligations familiales, ne sera entendue que tardivement au mois de février 2024. Elle affirme ne pas savoir mais confirme que le prévenu dort souvent chez eux dans la chambre des enfants.

 

Il reconnait aussi une attirance pour les mineurs de 6 ans

 

Lors de l'audition de la victime de 9 ans, la petite entre dans un mutisme et ne communique pas. Il faudra attendre son audition par l'expert psychiatre pour qu'elle indique ce qu'elle a subi au moyen de gestes, en les montrant sur une poupée dénudée, mimant des actes de pénétrations. Le prévenu est alors placé en garde à vue. Il reconnait des faits d'attouchement mais pas de pénétration, évoquant une absence totale d'érection. Il reconnait aussi une attirance pour les mineurs de 6 ans. Sa garde à vue est interrompue pour des problèmes de santé et reprendra le 4 juin dernier. Le  parquet décide de le juger pour agression sexuelle sur mineur sur une période d'avril à octobre 2023.

À la barre, le prévenu est autorisé à rester assis et se déplace en déambulateur en raison de son état suite à son AVC de 2021. Il reconnait les faits sans vraiment les reconnaitre : "Dans ma tête, c'est non, je n'ai pas le souvenir de l'avoir fait. Si elle le dit, c'est peut-être vrai mais ça doit être avec l'alcool car à jeun c'est non. J'étais sous l'emprise de madame", affirme-t-il. Il reconnait qu'il dormait dans la chambre de la petite et son frère sur un matelas à terre. "Combien de victimes vous avez faites", demande le procureur qui s'agace de sa victimisation. "Plusieurs", répond le prévenu. "Cette enfant, c'est la neuvième ! Vous n'avez pas honte de dire que vous étiez sous emprise. Vous saviez qu'elle avait du retard et qu'elle ne parlait pas, c'est facile non ?", fustige en réponse le magistrat.

 

"Si elle avait été placée avant, on ne serait peut-être pas là aujourd'hui"

 

Malgré une insistance certaine, le tribunal ne parvient pas à savoir pourquoi il a choisi de s'occuper de cette famille qui était à la rue lors de leur rencontre. L'expertise psychiatrique du prévenu met en exergue une absence d'empathie et un manque de capacité à se rendre compte du mal qu'il fait aux autres. Pour autant, alors qu'il est toujours sous suivi socio-judiciaire avec interdiction de contact avec des mineurs. Il est accessible à peine, aucune altération ou abolition du discernement n'ayant été reconnue.

La partie civile, pour les intérêts de la fillette qui est placée depuis, affirme qu'"elle est la victime de monsieur mais également de sa famille. Il aime ça, il faut le dire. Il ne parle que de lui et ne veut pas se soigner. C'est la cible parfaite. Si elle avait été placée avant, on ne serait peut-être pas là aujourd'hui. Elle est toujours dans le même état, elle n'y arrive pas".

"Au moment des faits, c'est une enfant de 9 ans avec un retard, c'était une proie facile", renchérit le procureur. "C'est vrai qu'il aime ça, et il n'a pas honte. Il a un comportement de prédateur, il n'a pas choisi cette famille pas hasard", insiste le parquet qui poursuit : "Il avait dès le départ une idée derrière la tête et il l'a réalisée. On n'est pas sur du touche-pipi, les faits sont extrêmement graves vu son parcours judiciaire. À chaque liberté, il viole ou agresse des mineurs. Ce sont des vies entières entravées, il faut lui dire stop. La prison est le seul endroit où il n'est pas un danger", conclut le magistrat qui requiert une peine de 14 ans de prison avec une période de sûreté des deux tiers.

"Vous avez à le juger pour des faits d'agression sexuelle pour lesquels on vous requiert une peine de 14 ans de prison mais quels sont les faits qui lui sont exactement reprochés", répond la défense. "Nous n'avons aucune déclaration directe de la victime sur les faits", ajoute la robe noire. "À aucun moment il ne remet en cause la parole de la victime, mais explique que s'il l'a fait, il était sous l'effet de l'alcool. Aujourd'hui, vous devez le juger pour une victime et non neuf, non pas pour un viol mais pour une agression sexuelle, et uniquement cela. Ce n'est pas un prédateur qui a préparé son coup, je n'y crois pas. La peine requise est totalement disproportionnée", plaide la défense.

Fait rarissime lors d'une audience de correctionnelle, le prévenu est condamné à 14 ans de prison avec une peine de sûreté des deux tiers ainsi qu'un suivi socio-judiciaire. Il est bien sûr maintenu en détention.

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