"J’ai cru qu’il allait me buter" : un gendarme encerclé par une vingtaine d'individus à Sainte-Suzanne, trois condamnés pour des jets de projectiles

Alors qu’il courait après un suspect dans la cité des Flamboyants le 3 avril dernier, un gendarme s’est retrouvé pris à partie par une vingtaine d’individus armés de galets et de bouteilles. Trois d’entre eux ont été condamnés pour violences sur agent de la force publique.
« Ce gendarme ne doit peut-être sa vie qu’à sa grande expérience et à l’arrivée de renforts », résume Me Sarah Daverio pour la partie civile. Ayant servi sur des théâtres d’émeutes en Guyane, en Nouvelle-Calédonie, à Mayotte ou Notre-Dame-des-Landes, ce militaire de l’escadron mobile de Bourgoin-Jallieu a pourtant bien cru voir sa dernière heure arriver à La Réunion.
Le 3 avril dernier, alors qu’il est en patrouille dans la Cité des Flamboyants à Sainte-Suzanne, son équipage remarque le comportement suspect d’un individu en possession d’une sacoche, qui prend la fuite à la vue des militaires. Le gendarme descend de voiture et le prend en chasse à pied.
Grenade lacrymogène et pistolet Taser
Mais alors qu’il est en train d’interpeller le fuyard, une vingtaine de personnes fait irruption au pied d’un immeuble et l’encercle. Certains, armés de galets et de bouteilles, lancent des projectiles dans sa direction. L’un d’eux, visage masqué par son t-shirt et regard menaçant, s’approche de lui en armant le bras avec un objet à la main.
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« J’ai cru qu’il allait me buter » dira le gendarme, qui fait d’abord usage d’une grenade lacrymogène pour disperser les assaillants. Ce qui ne les fait pas reculer, au contraire. Le militaire sort alors sa matraque télescopique puis son Taser pour les maintenir en respect. Mais c’est l’arrivée des renforts de gendarmerie qui va faire fuir les agresseurs.
"Protéger les stupéfiants"
L’enquête permettra d’identifier « les trois plus virulents », des hommes de 23 à 37 ans jugés mercredi 10 juin selon la procédure de comparution immédiate. Deux sont déjà bien connus de la justice. Tous reconnaissent les faits, tout en « les minimisant », regrette la partie civile qui souligne « le fort retentissement psychologique » chez la victime.
« Des faits particulièrement détestables » pour la procureure, soulignant que la victime « ne doit son salut qu’à son sang-froid. » « Ils voulaient protéger les stupéfiants qui se trouvaient dans la sacoche de leur camarade. Qu’est-ce qu’il se serait passé si les renforts n’étaient pas arrivés ? », questionne la magistrate en requérant des peines entre dix mois et deux ans de prison.
"Parfaite lâcheté"
« Son cerveau a vrillé, il s’en excuse », plaide Me Françoise Noguès pour l’un des prévenus, employé dans le bâtiment. « Il a lancé mais sans viser spécialement la victime », souligne Me Chantal Laguerre pour un autre.
Soulignant « la parfaite lâcheté » des mis en cause, le tribunal condamnera le seul primo-délinquant à 12 mois de prison, les deux autres, déjà connus, écopant de 18 mois de prison ferme avec maintien en détention.


