Affaires David Vital : François Caillé renvoyé pour corruption

L’enquête à tiroirs, dans laquelle David Vital fait figure de suspect numéro 1, est audiencée du 9 au 11 février 2026. Le petit chef d’entreprise et grand organisateur de parties de poker clandestines est attendu à la barre du tribunal judiciaire de Saint-Denis tout comme six autres prévenus et une société lui appartenant, poursuivie en qualité de personne morale.
Le procès de David Vital doit s’ouvrir le 9 février prochain pour s’achever en principe le 11 février. En trois jours d’audience, le tribunal a prévu d’examiner plusieurs volets d’une riche enquête à tiroirs dont le petit chef d’entreprise et gros joueur de poker est soupçonné depuis la perquisition menée à son domicile, en avril 2024. Les prévenus à qui la justice reproche une infraction sont si nombreux dans le sillage de David Vital que les magistrats du parquet ont dû faire des choix.
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Pour l’heure, les têtes d’affiche, sélectionnées pour figurer à la barre du tribunal correctionnel sous le feu des projecteurs, sont au nombre de huit. Sept prévenus et une personne morale. La vedette revient à David Vital dans la mesure où il est au cœur des investigations menées par les policiers du STPJ. C’est lui qui, en conservant ses précieux textos comme des reliques, a permis aux enquêteurs de tirer sur les fils qui allaient les mener aux autres suspects. Pêle-mêle, les faits reprochés aux uns et/ou aux autres sont d’une grande diversité. La palette va de la fraude fiscale au favoritisme et même à la corruption active et passive, en passant par l’abus de confiance, l’abus de biens sociaux et les soupçons de blanchiment qui en découlent.
Les têtes d’affiche d’un procès en quatre volets
Le premier volet concerne le groupe Caillé, suspecté de corruption à propos de marchés publics avec la mairie de Saint-Paul pour l’achat de véhicules. Le casting prévoit que David Vital doit comparaître aux côtés de François Caillé, de sa directrice Nelly Darouèche et de son contact à la mairie, Divène Nany, directeur de service transport logistique. Joseph Vital père, soupçonné d’avoir pris part à ce jeu de dupes, a lui aussi une place de choix dans le générique.
Le deuxième volet concerne le groupe Air Austral avec David Vital, toujours dans le rôle principal, et Joseph Bréma, l’ex-Pdg, pour sa participation au règlement d’une fausse facture à 35 000 euros, épongée par la filiale Mascareignes Développement.
Un ex-financier des cinémas d’Yves Ethève
Un troisième volet vise des détournements d’argent au préjudice des sociétés de cinéma d'Yves Ethève pour un montant approchant les 380 000 euros. David Vital est cette fois soupçonné d’avoir puisé dans la trésorerie du magnat des cinémas par l’intermédiaire d’un ex-cadre, devenu par la suite un prestataire de service du groupe. L’homme aurait eu les accès nécessaires pour pouvoir siphonner des centaines de milliers d’euros en maquillant ses opérations frauduleuses au moyen de fausses factures.
Des fausses factures passées par le filtre d’une société d’électricité moribonde basée dans l’Est de l’île et dont le gérant était sous la coupe de David Vital. Il s’agit du même mode opératoire utilisé pour ponctionner l’argent de la filiale d’Air Austral.
Le quatrième volet, pour des faits de fraude fiscale notamment, risque de se limiter à un one-man-show où David Vital pourrait se sentir bien seul face à ses juges.
17 autres prévenus invités dans les coulisses de la CRPC
Mais ce ne sont pas les seules personnes à l’encontre desquelles le parquet de Saint-Denis compte engager des poursuites. 17 autres prévenus sont invités à rester en coulisse par le biais d’une procédure de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC). Pour l’essentiel, ils ont accepté de blanchir des chèques contre des espèces ou fait transiter des fonds sur leurs propres comptes en banque pour des montants compris entre plusieurs milliers voire dizaines de milliers d’euros.
Suspectés malgré tout d’infractions mineures dans cette enquête à tiroirs, tous feront l’objet d’une convocation pour l’audience programmée le 22 janvier prochain. Accompagné d’un avocat, chacun sera reçu individuellement par un représentant du parquet avec une proposition de peine qui peut être encore discutée. Si le mis en cause en est d’accord, ladite sanction doit être définitivement entérinée par un juge.
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Pour l’intéressé, qui estime avoir franchi la ligne rouge, cette solution en mode plaider-coupable offre l’avantage d’échapper à la publicité d’un procès qui promet d’être âprement suivi par les médias. Parfois aussi, il permet de bénéficier d’une sanction raisonnable. Par contre, ceux qui refuseront cette voie médiane devront s’afficher sur le banc des prévenus aux côtés de David Vital.


