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Affaire Nahel : la décision des juges qui relance un débat explosif en France

Ecrit par L-H.T – le jeudi 5 mars 2026 à 15H32
Photo d'illustration.

Près de trois ans après la mort de Nahel Merzouk - adolescent tué par un tir policier à Nanterre - qui avait entrainé des émeutes jusqu'à La Réunion, la justice ordonne un procès contre le fonctionnaire auteur du coup de feu. Mais la qualification pénale change, ce ne sera plus un meurtre. La décision relance un débat brûlant sur la police, la justice et la mémoire d’une affaire qui avait embrasé la France.

Un nouveau chapitre judiciaire s’ouvre dans l’affaire Nahel. Jeudi 5 mars, la cour d’appel de Versailles a ordonné le renvoi devant une juridiction criminelle du policier qui avait tiré sur l’adolescent de 17 ans lors d’un contrôle routier à Nanterre, le 27 juin 2023. Mais le procès ne portera plus sur un meurtre. Le fonctionnaire sera jugé pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner.

Lire aussi : Le policier ayant tué Nahel sera jugé pour meurtre devant les assises

La nuance juridique est lourde de sens. En juin 2025, les juges d’instruction avaient retenu l’homicide volontaire et décidé un renvoi aux assises, estimant que le tir n’était pas justifié. La défense du policier avait immédiatement fait appel.

La chambre de l’instruction vient donc de trancher autrement. Selon la cour, "il n’est pas établi" que le policier ait eu "la volonté d’ôter la vie au conducteur". Les magistrats considèrent qu’il a pu croire que la voiture redémarrant représentait un danger pour lui ou pour d’autres personnes.

Le 27 juin 2023, Nahel Merzouk, 17 ans, est tué par un tir à bout portant alors qu’il conduit une voiture lors d’un contrôle de police. Une vidéo de la scène, diffusée massivement sur les réseaux sociaux, contredit rapidement la version initiale des forces de l’ordre et provoque une onde de choc nationale.

Dans les nuits qui suivent, la colère embrase de nombreuses villes françaises. Des milliers de voitures brûlent, des bâtiments publics sont attaqués, et des centaines de policiers sont blessés. Ces émeutes deviennent l’une des plus graves crises urbaines qu’ait connues la France depuis près de deux décennies. Avec un fort écho jusqu'à La Réunion, au Port et à Saint-Denis notamment.

Depuis, l’affaire s’est installée au cœur du débat sur les violences policières et sur l’usage des armes par les forces de l’ordre lors des refus d’obtempérer.

Lire aussi : Emeutes après la mort de Nahel : Une grenade avait été lancée sous la voiture d'un surveillant de prison

La décision rendue jeudi 5 mars suscite déjà des réactions opposées. Pour l’avocat du policier, Me Laurent-Franck Liénard, son client "n’a pas essayé de tuer" l’adolescent et "n’a fait qu’appliquer la loi".

Du côté de la famille de Nahel, la qualification retenue apparaît au contraire comme un recul judiciaire. Plusieurs proches dénoncent une décision incompréhensible après près de trois années d’instruction.

Reste désormais l’épreuve du procès. Il devra démêler, au-delà des images devenues virales, les secondes décisives d’un contrôle routier qui ont bouleversé un pays entier.

Etiquettes : Affaire Nahel | La Réunion

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