Affaire Miss Earth : Le président du comité débouté de sa plainte pour diffamation

L’affaire avait commencé dans nos colonnes. Plusieurs jeunes femmes avaient brisé le silence entourant le concours de beauté Miss Earth. Zinfos974 n’a jamais été poursuivi pour diffamation en relatant leurs propos. Mais Frédéric Rousset, le président du CEVIF, le Collectif pour l'élimination des violences intrafamiliales, oui.
Le président du comité Miss Earth l'a ainsi poursuivi en diffamation. Après de multiples renvois, le dossier a enfin été examiné en correctionnelle en juin dernier. Pour mémoire, les plaintes pour agression sexuelle contre William Madarassou font actuellement l’objet d’une enquête pénale préliminaire. Une enquête qui n’a pas connu d’avancées depuis de longs mois. De quoi décourager toutes celles qui ont eu l'aplomb de donner l’alerte, "quatre plaintes et cinq attestations", souligne Me Guillaume Motos qui défend les intérêts de certaines d'entre elles.
Le procès s’est concentré sur les propos tenus par Frédéric Rousset lors d’une émission radiophonique sur RTL, "du lynchage", pour la bâtonnière Me Léopoldine Settama. "Quelques minutes sur une intervention d’une heure", selon Me Jérôme Maillot en défense des intérêts du prévenu et "des réponses à des questions d’un journaliste intervieweur dans le cadre d’une émission consacrée aux violences intrafamiliales", le combat défendu par Frédéric Rousset au sein du CEVIF.
Affaire Miss Earth ou comment bâillonner de potentielles victimes
Pour William Madarassou, les déclarations des candidates, l'une déçue de ne pas avoir été élue, l'autre vexée de ne pas avoir obtenu le poste de directrice du comité Miss Earth, avaient eu lieu la veille du Forum du mariage, dont il est l'organisateur, afin de lui porter tort. "Il se positionne en sauveur de toutes les femmes et multiplie les interventions en considérant mon client comme coupable", a développé Léopoldine Settama, fustigeant Frédéric Rousset et réclamant 7.500 € de frais et 10.000 € de préjudice pour son client et la même somme pour sa société.
Un élément pointé du doigt par la défense de ce dernier qui s’est étonnée qu’une entreprise verse pour le compte de William Madarassou la consignation demandée par le tribunal alors qu'il n’en serait pas le gérant. "Une procédure-bâillon", pour faire taire les victimes, a tonné Me Sébastien Navarro. "Frédéric Rousset, mais aussi les plaignantes, ont fait valoir des propos d’intérêt général dans un contexte de libération de la parole des femmes victimes", a abondé Me Guillaume Motos, conseil des lanceuses d'alerte, une ancienne Miss et une candidate, également poursuivies en diffamation. D'une seule voix, la défense a réclamé au tribunal de condamner William Madarassou et sa société à verser des indemnités pour abus de constitution de partie civile.
Après en avoir délibéré, le tribunal a débouté William Madarassou et l'a condamné à payer 1000 euros aux parties civiles.


