Aérien : l'ouverture de lignes vers l'étranger au cœur des échanges entre la ministre du tourisme et la Région

Alors que des discussions sont en cours avec la compagnie Condor pour l'ouverture d'une ligne aérienne avec l'Allemagne, la ministre chargée du tourisme Nathalie Delattre a évoqué ce matin la stratégie de développement du secteur dans l'île lors d'un échange avec la présidente de Région Huguette Bello.
S'ouvrir vers les pays étrangers pour ne plus dépendre du tourisme affinitaire ? La formule souvent entendue serait la recette quasi miracle pour développer le secteur touristique de l'île, qui a enregistré 556.534 visiteurs extérieurs en 2024, dont 80,8% venant de l'Hexagone, 11,6% de l'océan Indien, 5,8% d'Europe et 1,8% du reste du monde.
Une orientation stratégique qui a été évoquée ce lundi 1er septembre, à l'occasion de la visite matinale de la ministre déléguée chargée du tourisme Nathalie Delattre à la Pyramide inversée. Son premier séjour à La Réunion. La présidente de Région Huguette Bello lui a exposé « combien notre pays est petit, 2.512 km², combien il est beau, combien il a des atouts extraordinaires. C'est la France et l'Europe dans l'hémisphère Sud, ce sont des atouts formidables, avec un accueil des Réunionnais qui est extraordinaire. On a le tourisme de la mer, le tourisme rural, le tourisme de la montagne, on a tout cela à La Réunion. »
À la sortie d'un échange d'environ 45 minutes avec le président du Comité réunionnais du tourisme Patrick Lebreton et Huguette Bello, Nathalie Delattre a minimisé le poids de l'instabilité gouvernementale sur les politiques publiques du tourisme, insistant sur l'accompagnement de l'État pour le futur lycée des métiers du tourisme de Saint-André, ou sur les prêts longue durée accordés aux acteurs du secteur par la Banque publique d'investissement.
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Une réponse à Huguette Bello, qui venait de répéter sa volonté de voir la Région conserver la compétence d'autorité de gestion des fonds européens, un levier que l'État envisage de s’approprier.
« Mettre nos forces en commun pour être plus ambitieux »
En 2023, La Réunion a engrangé environ 468,8 millions d'euros de recettes touristiques. « C'est pour moi l'occasion de venir parler de cette économique majeure qu'est le tourisme, dans notre Hexagone mais aussi dans nos Outre-mer. M'inspirer de ce que vous avez pu construire ici, le Comité réunionnais du tourisme : à savoir que nous avons des compétences, c'est de mettre nos forces en commun pour être plus ambitieux. Accueillir plus de tourisme, mieux les accueillir, diversifier nos activités », a exposé Nathalie Delattre.
Alors que certains industriels et hommes d'affaires réunionnais plaident pour l'ouverture (par Air Austral) de lignes vers la Chine ou l'Inde, la Région rétorque que c'est l'État, via la DGAC (la Direction générale de l'aviation civile) qui a la main sur le sujet. Quand Patrick Lebreton souligne la souplesse qui prévaut à Maurice, où des liaisons vers les pays étrangers peuvent être aménagées en fonction de la demande saisonnière.
Négociations avec la compagnie allemande Condor
Le 1er vice-président de la Région a indiqué que des négociations étaient ainsi en cours avec la compagnie allemande Condor, pour une fréquence d'un ou deux vols par semaine. « Ici, nous avons la culture, le patrimoine, nous avons des pépites qu'il faut mettre en avant et faire rayonner à l'international. Nous avons parlé de l'Allemagne, de l'Afrique du Sud, de l'Asie, qui vont nous permettre de renforcer demain ce secteur crucial de l'économie locale », a assuré la ministre chargée du tourisme.
Mais Patrick Lebreton n'entend pas seulement miser sur le tourisme extérieur : il souhaite valoriser le tourisme local, en estimant notamment qu'une étude sérieuse doit être réalisée pour quantifier son apport, mesurer ses atouts et tracer des pistes de développement.
Le président du Comité réunionnais de tourisme a aussi interpellé la ministre sur les difficultés rencontrées avec l'État concernant des sujets majeurs comme la construction de toilettes publiques dans des zones classées rouge, mais fréquentées par des touristes, ou encore les contraintes réglementaires autour de la réalisation de bassins de baignade sur le littoral.


