Accusé de viol incestueux et conjugal, un fonctionnaire territorial crie au complot
Bientôt jugé devant la cour criminelle, un quinquagénaire comparaissait ce mardi devant la chambre de l'instruction pour un débat autour de la prolongation de sa détention en attendant son procès. Il encourt 20 ans de réclusion pour le viol de sa fille mineure, celui d'une de ses compagnes ainsi que des agressions sexuelles sur de très jeunes filles scolarisées dans un établissement du sud où il exerçait.
Jacky R. n’a pas le look de ceux qui s’assoient régulièrement sur le banc de la chambre de l’instruction. L'homme de 55 ans, cheveux coupés court et chemise blanche impeccable, est en détention provisoire depuis septembre 2021, accusé de viol par sa fille mineure. En 2008 déjà, l’adolescente avait porté plainte dans une brigade de gendarmerie de l’extrême sud du département. Sa plainte avait été classée sans suite. Mais la jeune fille à qui le père aurait demandé des faveurs quand il en assurait la garde certains week-ends ne s’était pas avouée vaincue. Devant des films pornographiques, son père la forçait à l’embrasser puis exigeait qu’elle vienne dormir dans son lit où il lui imposait des fellations, se gardant bien d’aller plus loin pour « ne pas laisser de traces », avait déjà indiqué le président de la chambre de l’instruction lors d'une précédente audience de remise en liberté.
Le mis en cause qui encourt 20 ans de réclusion criminelle réfute en bloc cette accusation tout comme celles portées par certaines élèves, mineures elles aussi, de l’établissement scolaire dans lequel le quinquagénaire exerçait. Plusieurs d’entre elles, dont certaines très jeunes, ont décrit des regards pervers, insistants et des comportements inadaptés à leur égard. « Il m’a demandé de venir en cours avec une tenue transparente pour qu’on voit mes sous-vêtements. Il m’a dit de venir le voir pour que je lui montre », témoigne une adolescente dans le cadre de la procédure ouverte depuis deux ans pour viol sur mineure de 15 ans, viol sur concubine et agression sexuelle. Entendue comme témoin, une ex-compagne aurait décrit à son tour des pratiques sexuelles non consenties.
L'intéressé crie à la théorie du complot malgré les différentes sphères dont proviennent les accusations dont il fait l'objet. L’avocate générale a proposé aux magistrats de l’instruction de prolonger la détention de Jacky R. jusqu'à sa comparution en mars 2024.
Invoquant un casier vierge et aucun contact avec les victimes, l’avocat du mis en cause, Me Gabriel Odier, s’est montré étonné face aux arguments du parquet général. « Il n’y pas de témoin direct des faits dans cette affaire. Que mon client encoure une lourde peine ne justifie pas qu’on le laisse en prison pour l’instant. Il s’est toujours présenté aux convocations de la justice ». Ce à quoi le ministère public a répondu de façon cinglante, rappelant que dans les affaires de viol, il y avait « rarement des témoins directs ».
Les juges de l’instruction se sont donné jusqu'au 31 octobre pour rendre leur décision.