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Absent à l'audience, l'escroc aux 27 victimes se retrouve avec un mandat d'arrêt

Un sexagénaire était jugé ce mardi pour abus de confiance et travail dissimulé. Il percevait des acomptes pour effectuer des travaux qui n'étaient jamais réalisés et lorsqu'un chantier débutait, l'ouvrier engagé finissait toujours par découvrir qu'il n'était pas déclaré. Le tribunal l'a condamné à trois ans de prison, dont un an avec sursis, et a délivré à son encontre un mandat d'arrêt.
Ecrit par Gaëtan Dumuids – le mardi 5 décembre 2023 à 16H04

Avec 21 victimes inscrites sur le rôle d'audience et l'URSSAF, qui s'est constituée partie civile, Jean-Yves O était particulièrement attendu au tribunal ce mardi. Malheureusement, l'homme de 64 ans n'était pas présent et avait demandé un renvoi de son procès. Le motif : son collègue a fait un AVC et son patron avait besoin de lui.

Si l'excuse semble raisonnable, c'est le profil de celui qui l'a prononcée qui permet d'avoir des difficultés à y croire. Car les excuses et les promesses paraissent être la spécialité de Jean-Yves si l'on en croit le contrôleur judiciaire qui lui court après depuis des mois pour récupérer les sommes qu'il doit provisionner.

Bien que ne s'y connaissant pas dans les métiers du bâtiment, Jean-Yves avait ouvert une entreprise de construction-rénovation. Mais si Jean-Yves ne connaît rien dans le bâtiment, il s'y connaît par contre très bien pour escroquer les gens. Sa première condamnation remonte à 1981 et il a passé plusieurs années en prison.

Une arnaque simple et malheureusement efficace

Jean-Yves allait sur le Marketplace de Facebook afin de proposer ses services. Après avoir effectué un devis, il prenait un acompte et, le plus souvent, disparaissait avec l'argent. Certains ont eu droit à un début de travaux effectués par des ouvriers, sans outils fournis, qui pensaient avoir été embauchés en bonne et due forme. Les plus chanceux ont pu récupérer leur argent, mais payé par le chèque de la victime suivante.

Au total, 28 personnes ont été arnaquées, mais quelques-uns n'ont pas porté plainte, pour un total de près de 30 000 euros. Bien évidemment, il n'a pas déclaré les sommes perçues à l'URSSAF, environ 14 000 euros, et aux impôts.

"C'est un habitué de ce genre d'agissement. Il lance une activité pour laquelle il n'a aucune formation ni compétences. En voyant son passé et son comportement, il n'y a plus aucun doute sur l'élément intentionnel", argue le procureur qui requiert une peine de 2 ans de prison, dont un an avec un sursis probatoire de deux ans, ainsi que l'interdiction de gérer pendant 5 ans.

Le tribunal va au-delà des réquisitions et le condamne à 3 ans de prison, dont un an avec un sursis probatoire de deux ans, et délivre un mandat d'arrêt à son encontre. Il doit rembourser les victimes et verser près de 34 000 euros de dédommagements à toutes les parties civiles, à l'exception du dédommagement de l'URSSAF, qui sera décidé lors du renvoi sur intérêt civil.

Etiquettes : Arnaque

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