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À Saint-Leu, l'échange citoyen d'Édouard Philippe prend de faux airs de meeting

Ecrit par Maxime Bonnet – le mardi 25 août 2026 à 09H18

En conclusion d'une journée de déplacements dans le sud de l'île, Édouard Philippe s'est rendu à Saint-Leu pour une étape en deux temps. Accueilli à la Pointe au Sel par le maire Karim Juhoor dans le cadre d'un « accueil républicain », l'ancien Premier ministre et candidat à la présidentielle a ensuite rejoint une rondavelle du front de mer pour un temps d'échange citoyen aux allures de meeting politique.

Pour clôturer une journée de visites et de rencontres dans le sud de l'île, Édouard Philippe s'est rendu à Saint-Leu en fin d'après-midi. Premier arrêt de cette étape locale : la Pointe au Sel, près des salines du Conseil départemental. C’est sur ce site emblématique que Karim Juhoor, maire de Saint-Leu, a ouvert la première séquence de cette visite. Aux côtés de Cyrille Melchior, président du Département, le premier magistrat saint-leusien a tenu à inscrire ce rendez-vous sous le signe d'un accueil républicain strict et ouvert.

L'ancien premier ministre a pu visiter les salines de Saint-Leu aux côtés du maire, Karim Juhoor, et du préssident du Département, Cyrille Melchior.

Pressing médiatique et bain de foule en fin de journée

Il s'agissait là du tout premier déplacement sur l'île d'un candidat déclaré à l'élection présidentielle. Une démarche républicaine que Karim Juhoor entend appliquer rigoureusement à l'avenir : comme c'est très probablement le cas lors de chaque campagne, le ou la prétendante du Rassemblement national (qu'il s'agisse de Marine Le Pen ou de Jordan Bardella selon le scénario) effectueront très probablement un passage à La Réunion. Le maire de Saint-Leu a tenu à recadrer sa position de principe : « Nous sommes d'abord dans un accueil républicain. Tous les candidats qui s'arrêteront à Saint-Leu, je les accueillerai sans faire de différence. » Pour l'élu local, la priorité reste inchangée : les problématiques, les fragilités et les urgences de Saint-Leu doivent impérativement être entendues par tous.

Dans une atmosphère détendue en cette fin de journée, Karim Juhoor a d'ailleurs confié une note plus personnelle à l'ancien Premier ministre : « La Pointe au Sel, c'est un peu mon havre de paix, l'endroit où je viens me ressourcer quand j'ai besoin de décompresser. » Le candidat du parti Horizons et son cortège ont ainsi déambulé face à l'océan Indien alors que le soleil se couchait, offrant un panorama remarquable qui a impressionné la délégation métropolitaine et l'imposant parterre de journalistes nationaux.

Cette présence des caméras et des chaînes de télévision de l'Hexagone n'a pas manqué de susciter la curiosité des quelques promeneurs et baigneurs encore présents sur le littoral, créant un petit attroupement au fil du parcours. Durant cette déambulation, les médias nationaux ont tenté d'interroger Édouard Philippe sur la figure de Jean-Luc Mélenchon ainsi que sur la dynamique des derniers sondages. Une relance politique directe que le candidat à la présidentielle a choisi d'esquiver soigneusement, préférant rester centré sur la séquence locale.

Un meeting qui ne dit pas son nom

Une fois ce premier temps fort institutionnel et contemplatif achevé, la visite s'est prolongée dans une ambiance plus populaire sur le front de mer de Saint-Leu, marquant la seconde séquence de cette étape de fin de journée. Ce second temps fort s'est ouvert par une brève prise de parole du maire Karim Juhoor, venu reclarifier sa démarche : un accueil républicain motivé par la nécessité de faire entendre les revendications saint-leusiennes. Toutefois, bien que ce rendez-vous ait été officiellement présenté comme un simple temps d'échange citoyen, le rassemblement a rapidement pris tous les codes d'un meeting politique qui ne disait pas son nom.

Installé à une rondavelle du front de mer, Édouard Philippe s'est exprimé aux côtés de Gilles Hubert, élu départemental de La Possession et président de l'Office de l'eau, ainsi que d'Adèle Odon, référente départementale du parti Horizons. Face à une centaine de personnes particulièrement attentives et silencieuses, le candidat s'est lancé dans un exposé détaillé des grands axes de son projet.

Des réformes « douloureuses » au programme

Évoquant son récent déplacement dans le canal du Mozambique, l'ancien Premier ministre a tiré la sonnette d'alarme sur la ressource hydrique : « J'ai été à Mayotte il y a peu. Cette crise de l'eau commence à impacter La Réunion. Depuis ma première rencontre avec Cyrille Melchior il y a maintenant plusieurs années, on m'avait déjà averti que la crise de Mayotte commençait à déborder à La Réunion. Il faut à tout prix que la France revienne en force à Mayotte. »

Rappelant qu'il visitait là son 94e département, Édouard Philippe a insisté sur la nécessité d'investir dans le capital humain pour surmonter les contraintes économiques : « Nous sommes face à une crise budgétaire et ce qui va faire la différence, c'est l'intelligence. Face à des pays avec des richesses naturelles énormes, avec des puissances démographiques, il nous faut de l'intelligence pour faire face à ces défis, et cette intelligence, nous la cultivons à l'école. L'horizon que je défends est républicain et démocratique. » Poursuivant sur ce thème, il a ajouté qu'« aucun des grands sujets que traverse notre société ne pourra être résolu sans éducation. Voilà pourquoi l'école doit être la première de nos priorités. »

Plaçant la prospérité en seconde priorité, le président d'Horizons a plaidé pour des réformes de fond : « L'argent ne fait pas le bonheur, mais nous ne pouvons pas mieux vivre si collectivement nous sommes plus pauvres. Sans création de richesse, il ne peut pas y avoir de redistribution. Il va falloir imaginer un nouveau modèle social avec des réformes qui seront peut-être douloureuses. Ceux qui pensent que la solution sera de travailler moins n'expliquent pas comment on pourra financer nos retraites sans travailler plus. » Il a également appelé à « remettre de l'ordre dans notre société avec une justice mieux dotée. »

La Réunion, épicentre de l'océan Indien

Concluant son propos sur l'ancrage géopolitique de l'île, Édouard Philippe a souligné le rôle stratégique du territoire : « Le centre de gravité du monde a basculé. Désormais, il s'est retourné vers l'océan Indien et vers l'Asie. La Réunion est aux portes de cette région, c'est un atout exceptionnel pour la France. Mais même sans parler de la France, La Réunion est un territoire avec un potentiel exceptionnel, un potentiel humain, économique, où nous devons nous poser la question de comment nous pouvons faire réussir La Réunion. »

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