Circoncision qui tourne mal: "Il s'agit d'un acte isolé"

"La circoncision n'est pas l'apanage des Mahorais ou des Comoriens. Elle est avant tout pratiquée pour des raisons hygiéniques avant de l'être pour des raisons religieuses", explique Me Ali Mihidoiri, avocat au barreau de Saint-Denis et d'origine comorienne. Ce dernier réagit à la suite des faits relatés par le JIR de ce matin. Deux enfants ont été victimes d'une "circoncision marron" qui a mal tourné et qui s'est terminée aux urgences du CHU de Saint-Pierre. Si les marmailles vont bien, l'auteur de l'acte de circoncision est recherché par les forces de l'ordre. Cette pratique soulève une nouvelle fois la polémique sur des actes chirurgicaux réalisés à domicile à des fins religieuses.
"A la Réunion et en France les circoncisions se font dans un cadre médical et il est regrettable que cela ait été fait en dehors de ce cadre", souligne l'avocat.
Pour Ali Mihidoiri il s'agit avant tout d'un "acte isolé". "Les familles mahoraises ou comoriennes veulent faire circoncire leurs enfants à l'hôpital et cela se fait systématiquement aujourd'hui", explique-t-il. L'avocat se dit encore "étonné" que ce genre de pratiques persistent en dehors de tout contrôle.
L'avocat voit dans cette affaire la méconnaissance d'une famille peut encline aux pratiques hospitalières modernes. "Aux Comores, le système hospitalier ne correspond pas au système européen comme ici à la Réunion. Les sages-femmes ou ceux qui pratiquent la circoncision le font dans les villages. Ils sont souvent expérimentés mais non pas de diplôme professionnel de médecine. Rares sont ceux qui peuvent accéder aux soins (…) Cette affaire résulte de ce genre de pratique qui reste résiduelle mais c'est bien dommage", conclut-il.
La pratique de la circoncision ne touche pas que les communautés comoriennes ou mahoraises d'obédience musulmane. Si la circoncision sur indication médicale se pratique régulièrement, la circoncision rituelle, sans être autorisée expressément, reste tolérée en France.


