Construction litigieuse à St-Denis: "La Préfecture va demander des comptes à la mairie"

Et on reparle du 152 rue Sainte-Marie à Saint-Denis, une adresse qui pose bien des soucis à la famille Kada qui se bat depuis deux ans contre une construction qu'elle juge "illégale" et "dangereuse". Après avoir alerté la mairie, la Préfecture, la présidence de la République ou encore le ministère de l'Outre-mer… rien ne semble bouger. Après un énième incident, cette fois "grave", avec la fissure du mur porteur de la "maison" incriminée, Jamal Kada décide de prendre le "taureau par les cornes" et se rend en préfecture la semaine dernière, exigeant des explications. Un "coup de gueule" qui pourrait commencer à porter ses fruits, même si le combat risque d'être encore long.
"Après avoir envoyé des courriers un peu partout, on a écrit à Nicolas Sarkozy, explique Jamal Kada, mais cela n'a rien donné. J'ai ensuite écrit au ministère de l'Outre-mer qui m'a répondu en expliquant qu'il avertissait la Préfecture de la Réunion", ajoute-t-il. Las de n'avoir aucune réponse, malgré ces tentatives pour rencontrer quelqu'un à la Préfecture, Jamal Kada se rend au service technique et administratif de la Préfecture, la semaine dernière.
"On ne voulait pas me recevoir. J'ai hurlé dans les couloirs et exigé d'être reçu. Ca fait deux ans que notre voisin nous pourrit la vie avec cette construction", s'emporte-t-il. Après des discussions plutôt "houleuses" et la menace de camper dans les couloirs de la préfecture, Jamal Kada est reçu par la directrice des relations avec les collectivités territoriales et du cadre de vie. Deux heures de discussions où rien ne sortira, seulement la promesse de suivre son dossier.
La Préfecture a adressé une lettre à la mairie de Saint-Denis le 1er mars dernier
Entre-temps, Jamal Kada est revenu à la préfecture et, de nouveau aujourd'hui, il a été reçu. Il explique que la mairie a refusé récemment une "modification" du permis de construire au propriétaire, Muhammad Khatib, le 22 décembre dernier, portant notamment sur la transformation de cette maison en plusieurs appartements et commerces. Une demande refusé par la mairie, "pourtant, ça ne l'a pas empêché de faire louer un appartement, le tout illégalement et sans bail", explique Jamal Kada.
Le dossier est désormais suivi par la Préfecture et cette dernière a adressé un courrier à la mairie de Saint-Denis, le 1er mars dernier, pour avoir des explications sur la multiplicité des erreurs dans les procédures. "Elle (ndlr : la Préfecture) veut toutes les informations et va demander des comptes à la mairie, précise Jamal Kada, elle ne comprend pas comment on a pu faire autant d'erreurs dans ce dossier. (…) La préfecture ne comprend pas comment j'ai pu perdre devant le tribunal administratif, pourquoi les notes de calculs n'ont pas été fournies, pourquoi le permis de construire est faux et qu'il y a eu une mise en péril", ajoute-t-il. Un dossier épais et compliqué, qui va mettre du temps à se "décanter".
Mais le temps presse pour la famille Kada qui attend désormais qu'on la prenne au sérieux. "Il y a une véritable menace, le mur porteur de la maison s'est cassé (voir les images ci-contre). Je demande qu'une chose que l'on détruise ce mur qui empiète sur ma maison de plus de 40 centimètres", lâche-t-il. En clair, si Jamal Kada obtient gain de cause dans cette affaire, cette maison du 152 rue Sainte-Marie, qui ressemble de plus en plus à un immeuble, pourrait bien être rasée…
Si Jamal Kada n'a pas de nouvelles de la mairie d'ici le 10 mars, par le biais de la Préfecture, il prévient : "J'ai déposé une demande de manifestation sur la voie publique pour samedi prochain. Si rien ne bouge, on sera devant la Préfecture et on se rendra devant la mairie pour finir notre manifestation devant le 152 rue Sainte-Marie", conclut Jamal Kada.




