Un métier d’avenir dans la grande distribution : valseur d’étiquettes !

Saint-Pierre, Terre-Sainte, une moyenne surface, fin décembre 2011, les 10 kilos de riz parfumé Jasmin sont à 15,50 euros
Le Tampon, même période, chez l’Edouard, 7,55 les cinq kilos, soit 15,10 les 10 kilos.
Début janvier, même magasin au Tampon, 7,85 les cinq kilos soit 15,70 les 10.
A Terre-Sainte, les 10 kilos sont à 19,25 mais avec une promo, cela revient à 18,50 euros les 10 kilos. La promo n'étant pas éternelle, on a une idée du prix demain dans ce magasin...
Autre exemple, le Nutella: 5,25 chez l’Edouard, et... cramponnez-vous, 7,40 chez les nouveaux commerçants!
Encore un exemple: je recherche un produit de toilette en parapharmacie, donc sans ordonnance. Sur Saint-Pierre bas de la ville, on m'annonce qu'on en a pas, mais qu'il m'en coûtera 13,80 euros quand ils seront livrés. Une autre pharmacie, ils en ont, sauvé, et je paye… 9,30 euros. Devant mon étonnement, le vendeur m'explique gentiment que la différence est sûrement liée à une commande directe au lieu de passer par le distributeur local... En clair le revendeur ou le distributeur se fout 4,50 euros dans la poche. Pas mal la marge !
Le client lui n'a aucun moyen de se renseigner, les prix n'étant affichés nulle part dans les pharmacies... Bonjour tristesse !
Bien sûr, il y a des promos, bien sûr, il y a des quantités d'achats qui font varier les prix... Bien sûr que les prix sont libres, mais tout de même, un peu de décence…
Alors maintenant, Papa Ratenon va nous offrir quelque 40 produits de très bas de gamme et souvent immangeables que les "étiqueteurs" des grandes surfaces vont se faire un plaisir d'augmenter quelques jours avant, comme dab ! A moins qu’ils ne commandent une "cuvée" spéciale, très spéciale…
Bref, une arnaque de plus !
Pourquoi tout simplement ne pas forcer les grandes surfaces à remettre leurs prix juste avant tout changement à un site internet "indépendant" qui les regrouperait et pourrait ainsi indiquer au client les magasins à visiter et ceux… à éviter... ça aiderait les patrons de grandes surfaces à respecter un peu les cochons de payeurs de clients que nous sommes.
Et croyez bien que ce serait apprécié fortement.
Si si Monsieur le Préfet peut faire ça, il a déjà tellement fait contre la population qu'il peut faire un geste pour... On peut même l’aider si il le souhaite !
Tiens, histoire de changer un peu, on parle de supprimer l’octroi de mer pour favoriser la production locale. Soit. La production locale, c’est par exemple le porc, filière complète qui va des éleveurs en passant par l’insémination artificielle jusqu’à la mise en rayons des côtelettes dans les supérettes. Donc pas d’octroi de mer, pas de transport et pourtant, le porc est beaucoup plus cher qu’en métropole. Y aurait-il donc un autre problème insurmontable qui fasse ainsi monter les prix de cette viande très consommée à la Réunion ? Que nenni disait mon ami l’âne ! Aucun problème ! Ces structures sont gavées de subventions européennes, tantôt pour la sous-production, tantôt pour la surproduction… On en vient même, histoire de soutenir cette filière d’excellence, à taxer la concurrence qui rentre de l’extérieur afin d’aider notre bonne coopérative. Ah que voici une bonne idée ! On se dit donc que les employés de ces structures doivent être rudement bien payés… Ben non, pas le moins du monde, ils tirent la langue comme les autres ! Et pourtant, ce n’est pas l’argent qui manque, mais les coquins des coopératives agricoles ont trouvé la parade, la mutualisation des pertes et emprunts et la privatisation des bénéfs. Ce sont les vases communicants à sens unique : salariés d’en bas et remboursements se retrouvent dans une structure en grande difficulté, et les cadres dirigeants dans une autre qui va bien, merci pour elle. La cagnotte (un petit cochon rose bien sûr) est bien pleine, merci !
Avec ces quelques exemples, autant dire que le Cospar, malgré plein de bonne volonté, n’arrivera pas à grand-chose. La seule solution est de mettre le nez dans ces structures et de questionner certains bien informés qui vous diront quoi voir et où regarder. Nul doute que ce pourrait être le rôle du Cospar ou de toutes organisations syndicales "propres".
Bon courage pour la suite, parce que suite il y aura…


