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Pour quelles raisons les départements d'outre-mer explosent-ils ?

Ecrit par zinfos974 – le mardi 28 février 2012 à 10H08

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Il y a trois ans, les Antilles, et surtout la Guadeloupe, avaient été mises à feu et à sang par quelques dizaines de milliers de manifestants du LKP (Lianaj Kont Profitazion) sur des slogans contre la vie chère mais surtout contre la main mise économique des békés (riches familles créoles blanches contrôlant l'économie antillaise. Un mort, des barrages dans toute la Guadeloupe et la Martinique, un racisme exacerbé contre les blancs, plusieurs mois de grève continue, des centaines d'entreprises en difficulté par la suite et des dizaines de milliers de chômeurs supplémentaires.

L'année dernière, juste avant Noël, c'était Mayotte, qui venait juste de devenir département d'outre-mer, qui était également mise à feu et à sang par les manifestants mahorais, qui eux aussi contestaient les hausses des prix des produits de première nécessité, au premier rang desquels les ailes de poulet congelées. Emeutes, barrages, racisme exacerbé, un mois de manifestations et de blocage économique : et vraisemblablement une situation économique qui a dû empirer au sortir de cette crise.

Et maintenant la Réunion ! Emeutes, manifestants, violences urbaines, incendies... Aussi, je peux comprendre le sentiment désormais dominant en France métropolitaine conduisant à s'interroger sur le devenir des départements d'outre-mer au sein de la République. Ces formes de contestations extrêmement violentes contre tout un ensemble de choses, de la cherté de la vie jusqu'à la main mise française, peuvent conduire l'opinion publique française à souhaiter voir accorder l'indépendance à ces confettis de l'empire.

Ainsi, l'image donnée de la Réunion par quelques centaines de transporteurs manifestants et quelques milliers de 'jeunes' casseurs présente-t-elle une image extrêmement négative et contre-productive de notre île, venant réveiller un racisme métropolitain dormant qui ne demande qu'à pouvoir s'exprimer librement.

Evidemment, nous qui vivons dans le département, nous savons que les émeutes des derniers jours n'ont rien à voir avec les évènements guadeloupéens ou mahorais. Quelques violences dans quelques quartiers chauds populaires de quelques-unes de nos villes, extrêmement localisées... Grâce au travail des forces de police et de gendarmerie qui ont permis d'empêcher que cela dégénère... Des magasins mis à sac... Quelques voitures brûlées... Le reste de la Réunion a vécu ces évènements de très loin, comme si cela se passait dans les cités parisiennes. Et surtout, peu de slogans racistes... Pas de mort aux blancs ou aux békés, même si vraisemblablement il n'était pas conseillé de sortir se promener en plein Chaudron la nuit, sans risquer d'être pris à partie par l'un ou l'autre des groupes en présence...

Nous savons aussi que cette image de confettis de l'empire sous perfusion des aides sociales françaises est un faux problème. Bien sûr, la Réunion consomme plus de prestations sociales qu'elle ne collecte d'impôts au budget de la France. Mais la situation de la Réunion n'est pas différente de nombreuses autres régions françaises qui n'accueillent pas d'importantes industries d'exportation, comme le Limousin ou le Massif Central. Ces régions n'ont simplement pas une démographie aussi galopante que la nôtre. Et il ne faut pas non plus oublier que ces prestations sociales sont majoritairement consommées en produits commercialisés par des firmes françaises, et contribuent à l'activité de l'industrie française.

Se pose enfin le problème de la sur-rémunération des fonctionnaires et de certains cadres du privé. Voilà néanmoins une revendication qui m'interpelle. Je comprendrais si celle-ci venait du gouvernement, qui pourrait être intéressé à moins payer ses fonctionnaires. Mais non, cette revendication émane des réunionnais eux-mêmes, qui estiment que les prix sont chers pour tous, et qu'il n'est pas normal que certains soient sur-rémunérés et pas eux ! Il faut savoir que la sur-rémunération concerne les trois fonctions publiques, où les postes à la Réunion sont très majoritairement occupés par des réunionnais de souche ; les métropolitains ne doivent pas en représenter plus de 25%. Voilà donc une revendication qui touchera donc majoritairement des réunionnais, portée par des réunionnais. En sachant que dans le privé et les plus hautes fonctions de l'administration, les expatriés continueront à se voir proposer des indemnités d'éloignement pour les inciter à venir. D'une certaine façon, cette revendication est une pure forme de jalousie de certains réunionnais pour obtenir la même chose que leur voisin ...

Pour conclure, il me faut regretter que ces évènements aient pu avoir lieu, et espérer qu'ils s'oublieront, qu'ils sortiront de la mémoire collective. La rage des jeunes de se sentir exclus du système économique peut se comprendre, mais ils ne s'en prennent pas aux bons motifs. Ce n'est pas la société qui ne veut pas les accueillir et les intégrer ; ce sont eux qui n'ont pas essayé de s'intégrer grâce à l'école. A eux maintenant de se prendre en charge, de s'imposer de s'intégrer, de se former par le biais de la formation professionnelle, afin d'obtenir des diplômes ou une qualification qui leur permettent d'entrer dans la vie, sans accuser la société, les riches de leurs échecs, de leur manque d'espoir.

Saucratès

 

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