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Une économie colidaire pour la Réunion

Ecrit par zinfos974 – le vendredi 24 février 2012 à 11H13

Le mouvement de contestation populaire de ce mois de février 2012, qui ne peut que prendre de l’ampleur dans un contexte social aussi tendu que celui de la Réunion, doit amener nos élus à une réflexion de fonds, à un changement de cap pour trouver les solutions qui permettront aux réunionnais de traverser cette crise.

La Réunion doit se préparer à connaitre une crise majeure, dont personne ne peut mesurer l’ampleur. Beaucoup trouveront des termes pour la décrire, mais de là, à apporter des solutions c’est une autre histoire.

Un collectif de citoyen doit  s’engager pour lutter contre les maux de notre société, non seulement la vie chère, mais aussi le mode de fonctionnement de notre société qui est arrivée au point de rupture, et par conséquent, sa position est on ne peut plus délicate face au pouvoir en place, car elle ne peut prendre position qu’au nom du collectif. Mais sa vocation, et son histoire obligera ses membres à s’investir dans une réflexion de fonds, en occultant toutes sortes de discordes partisanes, et proposer des alternatives à la politique menée depuis des décennies dans notre département.

Dans le contexte actuel, la première question qui se pose est : Comment dépasser l’horizon de ‘l’économie de marché », qui s’est révélée incapable de permettre les régulations économiques et financières, donc sociales ? La Réunion était-elle prête à accepter les mutations informationnelles en cours, l’informatisation, la robotisation, la présence d’Internet, les biotechnologies, et le changement d’ère que tout cela à entrainer.

Nous devons inventer une économie sociale et solidaire, se situant à côté des logiques économiques du marché et d’un service public qui se réforme. La Réunion doit s’inscrire dans une économie plurielle, avec une diversité de fonctions, de relais, d’une certaine manière, à l’exemple des anciennes formes de l’économie du XXème siècle. Cette économie solidaire dépasse de loin l’idée de créer, à l’intention des chômeurs, un secteur occupationnel et convivial dans les quels les sans-emplois peu qualifiés accompliraient des petits boulots.

Nous devons créer la société à vocation sociale, qui regroupe les initiatives locales :
Entreprise adaptée à la personne handicapée ;
Logement des exclus ;
L’éducation populaire ;
L’aide aux personnes ;
Le recyclage ;
L’accès aux loisirs pour les plus démunis ;
La protection de l’environnement ;
Le commerce équitable ;
Les régies de quartier, produisant à la fois la Valeur ajoutée marchande et la Valeur Sociale. Nous devons créer une économie de proximité, dont les emplois ne peuvent être délocalisés.

Devant la précarisation des emplois, l’exclusion et les inégalités sociales, nous devons imaginer et innover pour dépasser la société salariale traditionnelle, et transformer les modalités de la distribution des biens et services.

Les réponses que nous pourront apporter aux questions suivantes, engagent l’avenir de la société réunionnaise.
Comment structurer, entre le marché et le secteur public, cette économie solidaire, afin qu’elle relève d’une logique économique alternative ?

La force productive principale des réunionnais de demain, reste-elle liée à la production des biens et des services traditionnels, ou résidera t’elle dans la production des biens relationnels, afin de mettre en place de nouveaux rapports entre les hommes ?
En bref, au-delà de l’objectif de création d’emplois, l’économie solidaire sera une nouvelle formule pour l’entreprise et la porte ouverte sur des garanties inconditionnelles, permettant à tout citoyen de vivre dignement en faisant des projets de production relationnelle. Ceci avec l’intégration majeure suivante – qui décidera du montant des prestations et services,  et de sa répartition.

Nous devons faire un choix cruciale retrouvée la politique dans sa fonction première, où subir la logiques des marchés financiers, si elle en a une.

Ce texte, relatant une réflexion de fonds que j’ai mené depuis 2009, ne pouvait en aucun cas correspondre aux stratégies politiques des partis politiques en place à la Réunion. Il n’empêche que l’actualité de ces derniers jours, nous démontrent une réelle incapacité de nos forces politiques une quelconque solution à travers leurs actions, et nous obligent à une réflexion de fonds pour amener cette notion d’économie solidaire dans le débat des échéances électorales .

P. GONTHIER 
Représentant du SAFPTR

 

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