Automobile : le marché réunionnais recule encore malgré l’essor de l’électrique

Les immatriculations de voitures particulières neuves ont diminué de 5,3 % depuis le début de l’année à La Réunion. Si les ventes de modèles électriques progressent fortement, elles ne suffisent pas à enrayer une baisse du marché automobile désormais bien installée.
Le marché automobile réunionnais continue de perdre du terrain. Entre janvier et août 2026, 13 495 voitures particulières neuves ont été immatriculées dans l’île, contre 14 250 durant les huit premiers mois de 2025. Cela représente une baisse de 5,3 % en un an.
La tendance s’est confirmée au mois d’août, avec 1 773 immatriculations, contre 1 863 un an auparavant, soit un recul de 4,8 %. Cette contraction touche principalement les véhicules thermiques, dont les ventes ont chuté de 26,1 % sur le mois et de 27,6 % depuis le début de l’année.
Pour le Syndicat de l’importation et du commerce de La Réunion (SICR), ce repli ne constitue pas un simple accident conjoncturel, mais s’inscrit dans une tendance de fond. En appliquant à 2026 la saisonnalité observée l’année dernière, le marché pourrait terminer l’exercice autour de 21 000 voitures particulières neuves.
Ce niveau serait inférieur d’environ 24 % à celui de 2019, année durant laquelle 27 556 véhicules particuliers avaient été immatriculés. En intégrant également les véhicules utilitaires, le SICR estime que le marché pourrait atteindre 24 899 unités à la fin de l’année, soit une baisse de près de 27 % par rapport aux 33 419 immatriculations enregistrées en 2019.
Les ventes de voitures électriques bondissent en août
Dans ce contexte dégradé, le véhicule électrique tire toutefois son épingle du jeu. En août, 320 modèles entièrement électriques ont été immatriculés à La Réunion, contre 202 en août 2025. Les ventes progressent ainsi de 58,4 %, notamment sous l’effet du leasing social.
Depuis le début de l’année, 1 895 voitures électriques ont été vendues, soit une augmentation de 21,9 % sur un an. Elles représentent désormais 14 % des immatriculations de véhicules particuliers, contre 10,9 % au cours des huit premiers mois de 2025.
Les voitures hybrides non rechargeables demeurent néanmoins largement majoritaires, avec 6 758 immatriculations depuis janvier et une part de marché légèrement supérieure à 50 %. Les hybrides rechargeables progressent également de 31,9 %, mais ne représentent encore que 2,9 % des ventes.
Une transition qui ne compense pas la baisse globale
La progression des motorisations électrifiées ne permet donc pas au marché automobile de retrouver le chemin de la croissance. Selon le SICR, cette situation montre que le renouvellement énergétique du parc ne s’effectue pas à volume constant.
Une partie des ménages qui renoncent à acheter un véhicule thermique ne se tourne pas systématiquement vers un modèle électrique ou hybride. Certains reportent leur projet, tandis que d’autres privilégient le marché de l’occasion.
Philippe-Alexandre Rebboah, président du SICR, met directement en cause les mesures fiscales qui pèsent sur les véhicules neufs. Il dénonce une « fiscalité punitive sans réelles alternatives », qui affecterait à la fois les ventes et la santé financière des professionnels de l’automobile.
Le syndicat assure que des solutions existent et annonce son intention de les défendre dans le cadre des discussions autour du projet de loi de finances pour 2027.


