Saint-André : suspecté de viol, il prétend avoir cédé aux avances sexuelles de la victime

Mardi, un homme de 40 ans, soupçonné d’avoir usé de ruse pour violer une passante, a tenté en vain de retrouver la liberté devant la chambre de l’instruction. Récit.
Rien ne laissait présager qu’une affaire sordide allait se nouer au cœur de la nuit du 11 au 12 août dernier dans cette rue de Saint-André où plusieurs jeunes gens se promenaient avec insouciance. Et pourtant…
Ce soir-là, une jeune femme passe un bon moment avec des amis. Le petit groupe vide quelques verres jusqu’à s’apercevoir qu’ils achèteraient bien un paquet de cigarettes. Tous ensemble, ils décident donc de faire un tour à pied pour rejoindre un commerce encore ouvert la nuit.
Il propose de lui ouvrir ses toilettes
Chemin faisant, ils croisent un homme qui n’est pas tout à fait inconnu aux yeux de la jeune femme. Ces deux-là ont suivi la même formation professionnelle en 2022 même s’ils ne se sont jamais revus depuis lors. C’est un petit détail qui a son importance car, ainsi mise en confiance, elle va baisser la garde.
Un bref échange s’instaure entre eux. Comme la jeune femme a été prise d’une envie pressante sur le trajet, elle accepte sans ciller la proposition de Laurent Ben A. de lui permettre de se rendre un instant dans son appartement pour emprunter ses toilettes. L’un des amis de la jeune femme est pris d’un mauvais pressentiment. Aussi, l’air de rien, il propose d’accompagner son amie jusqu’au palier.
En pleurs et toute tremblante
Laurent Ben A., au contraire, préfère qu’il reste en bas. Et il lui fait savoir. Les amis patientent donc tandis que la jeune femme et son hôte s’engouffrent dans l’immeuble. Au bout d’une trentaine de minutes, la jeune femme n’a toujours pas reparu. Les amis, qui commencent à trouver tout ça bien louche, se présentent devant la porte de l’homme et commencent à tambouriner dessus.
Laurent Ben A. leur ouvre en disant que leur amie va bien mais qu’elle ne veut pas partir. Finalement, la jeune femme les rejoint dans l’entrée. La mine déconfite, elle est en pleurs et toute tremblante, en état de choc et de sidération. Le petit groupe quitte les lieux rapidement. Une plainte est déposée auprès des services de police.
Tirée par les cheveux jusqu’à sa chambre
La jeune femme raconte comment, en sortant des toilettes, elle s’est retrouvée confrontée à Laurent Ben A. qui se tenait complètement nu devant elle. Poursuivant son récit, elle indique qu’il a exigé une fellation. Comme elle a refusé, il l’a attrapée par les cheveux pour l’entraîner dans sa chambre à coucher. Là, il lui a imposé des rapports sexuels complets, et particulièrement violents selon ses dires, interrompus au moment où ses amis ont frappé à la porte.
Placé en garde à vue, Laurent Ben A. raconte au contraire que la jeune femme était consentante. Il va même jusqu’à soutenir qu’elle était très attirée par lui au point qu’il s’est senti obligé de céder à ses avances sexuelles. S’il finit par reconnaître avoir demandé à ses amis de rester au pied de l’immeuble, il estime par contre avoir été victime d’un coup monté.
« Il conteste les faits et il inverse les rôles »
Une version qui ne convainc pas l’avocate générale à l’image du juge des libertés et de la détention qui a décidé de le faire écrouer. Les deux magistrats redoutent que la victime et les témoins subissent des pressions de la part du mis en cause. « Il conteste les faits et il inverse les rôles », note la représentante du parquet général qui souligne « sa dangerosité criminelle ». Comme il n’a pas de garanties de représentation et que les investigations sont en cours, elle préfère qu’il reste en détention.
Pour sa part, l’avocat de la défense tente de battre en brèche les arguments du ministère public, plaidant en faveur d’un contrôle judiciaire strict. Prenant la parole en dernier, Laurent Ben A. prend de la hauteur en indiquant que ses « valeurs ne correspondent pas à ces actes abjectes ». Tout cela n’a pas emporté la conviction de la chambre de l’instruction qui a fait le choix de le maintenir en détention provisoire.


