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Du Groenland à La Réunion : l’UFR appelle la France à reconnaître les violences faites aux femmes

Ecrit par zinfos974 – le dimanche 30 août 2026 à 18H10

À la suite de la décision du Danemark de reconnaître et réparer les violences subies par des femmes groenlandaises, l’Union des Femmes Réunionnaises interpelle l’État français. Elle réclame une reconnaissance des stérilisations et avortements pratiqués sans consentement à La Réunion dans les années 1960 et 1970.

Dans un communiqué, l’Union des Femmes Réunionnaises salue "un acte important de reconnaissance" et établit un parallèle avec les pratiques subies par des Réunionnaises il y a plus d’un demi-siècle.

Au Groenland, des milliers de femmes et de jeunes filles ont été équipées de dispositifs contraceptifs, notamment des stérilets, sans leur consentement dans le cadre d’une politique menée par les autorités danoises à partir des années 1960. Le Danemark a depuis reconnu ces pratiques et engagé un processus de réparation envers les victimes.

L’association prend soin de préciser que les situations groenlandaises et réunionnaises ne sont pas "en tous points identiques", mais estime qu’elles interrogent toutes deux le droit des femmes à disposer de leur corps face aux politiques de contrôle des naissances.

"Et les femmes réunionnaises ?"

À La Réunion, dans les années 1960 et 1970, des femmes ont subi des avortements et des stérilisations sans y avoir librement consenti, rappelle l’UFR. En 1970, trente d’entre elles avaient porté plainte et témoigné publiquement. L’association souligne que beaucoup étaient issues des classes populaires et se trouvaient en situation de vulnérabilité face aux institutions.

La reconnaissance accordée aux Groenlandaises conduit ainsi l’UFR à interpeller l’État français : "Et les femmes réunionnaises ? Que leur doit la République ?"

L’organisation rappelle les démarches engagées au Parlement, notamment une proposition de résolution déposée en 2018 par Jean-Hugues Ratenon, ainsi que les interventions plus récentes de Karine Lebon. Elle considère toutefois que celles-ci sont restées "sans réponse à la hauteur des faits et de la souffrance des victimes".

Reconnaissance, archives et réparation

L’UFR demande désormais une reconnaissance des "violences reproductives" subies par les Réunionnaises ainsi qu’un travail historique et institutionnel pour établir les faits et les responsabilités. Elle réclame également la préservation des archives et la création d’un dispositif public de reconnaissance et de réparation pour les victimes.

"Leur histoire doit être reconnue. Et leur mémoire doit être réparée", insiste l’association, qui rappelle avoir accompagné ces femmes à l’époque.

Pour l’UFR, la décision danoise doit ainsi servir à rouvrir le débat à La Réunion autour de cette page de l’histoire et de sa reconnaissance par l’État français.

Etiquettes : Avortements forcés | UFR

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