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Saint-Denis : ivre et armé d’un couteau, l’avocat condamné à neuf mois avec sursis

Ecrit par L.C – le mardi 25 août 2026 à 16H59

Un avocat a été condamné ce lundi 24 août à neuf mois de prison avec sursis probatoire après avoir tenté à deux reprises de s’introduire chez un couple, la seconde fois armé d’un couteau.

Vendredi 21 août, en fin de journée, l’homme se présente dans une résidence où vit son cousin. Il se trompe toutefois d’étage et arrive devant l’appartement d’un couple. Il sonne à la porte. Lorsque l’un des occupants ouvre, l’homme tente de rentrer de force dans le logement. Alcoolisé, il bouscule la résidente.

Un homme, présent dans l'appartement, s’interpose. Une première altercation éclate et l'homme à l'intérieur de l'appartement parvient à chasser l'intrus. Des témoins directs décriront un homme ivre et très virulent.

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Mais un deuxième événement survient un peu plus tard : l’homme revient une nouvelle fois devant l’appartement. La victime ouvre la porte. L’homme la pousse violemment et tient un couteau dans sa main. Son compagnon parvient finalement à maîtriser l’agresseur et à lui retirer son arme. Les deux résidents présentent tous deux cinq jours d’ITT.

Difficultés personnelles et alcoolisme

À la barre, l'homme, qui exerce en tant qu'avocat, commence par s'excuser. Le prévenu revient longuement sur sa situation personnelle. Il raconte avoir perdu sa maison et son cabinet à Mayotte à la suite du cyclone Chido. Pour tenter de remonter la pente, il s'est installé à La Réunion, mais les difficultés se sont accumulées, et le traumatisme du passage du cyclone le marque encore.

Ce soir-là, il avait consommé de la bière et du rhum. Il déclare s'être trompé d'appartement en voulant aller chez son cousin. Concernant ses excès de colère, il peine à l'expliquer. Selon les victimes, il aurait sous-entendu qu'il n'aimait pas les Mahorais.

Concernant les propos visant les Mahorais, il reconnaît qu’il a "peut-être pu" les prononcer. "C’était stupide de ma part", admet-il, rappelant avoir lui-même vécu et travaillé à Mayotte et avoir des amis mahorais. À la barre, l'homme assure ne pas reconnaître cette violence comme étant la sienne. "Je n’ai jamais été violent dans ma vie. Je perds la raison."

Le psychiatre relève par ailleurs une tendance à minimiser ses difficultés liées à l’alcool : "Je peux passer des mois et des mois sans boire d’alcool", tente de rassurer le prévenu.

Dans un premier temps, il avait contesté les faits lors des premières auditions, parlant de "mensonges inventés de toutes pièces". Mais au terme de sa garde à vue et lors de l'audience, sa version change : "J’étais fatigué, je n’étais pas moi-même."

Une enfant de trois ans traumatisée

À la barre, la mère de l’une des victimes vient également témoigner. Elle explique que sa petite-fille, âgée de trois ans, a été traumatisée par la scène. Pour la procureure, le dossier est difficilement compréhensible. "Une personne intelligente, insérée, qui se retrouve en comparution immédiate."

L'accusation insiste surtout sur la seconde scène et la présence du couteau. "On a deux scènes, dont la seconde avec une arme. Heureusement, l’une des victimes est parvenue à le désarmer." Le parquet estime toutefois que l'homme doit désormais être accompagné et requiert 12 mois de prison avec sursis probatoire, avec notamment deux ans d’obligation de soins, ainsi qu’une interdiction de paraître dans l’immeuble des victimes.

"Sa profession ne fait pas de lui un surhomme"

L’avocat rappelle les circonstances personnelles de son client et notamment le traumatisme lié à la catastrophe de Chido. Il souligne également que celui-ci reconnaît désormais son alcoolisme. "Sa profession ne fait pas de lui un surhomme. Il est humain, tout le monde peut commettre des erreurs", plaide-t-il.

La robe noire estime que la première scène doit également être distinguée de la seconde. Le prévenu aurait pu provoquer la première altercation, mais ne serait pas à l’origine de la bagarre. Il demande au tribunal de ramener la peine à une plus juste mesure et la non-inscription au casier judiciaire.

À la barre, l'homme de loi réitère ses excuses aux victimes et prend le temps de s'excuser auprès de ses confrères et de la juridiction.

Après délibération, le tribunal le condamne à 9 mois de prison entièrement assortis d'un sursis probatoire pour une durée de deux ans, mais rejette la demande de non-inscription à son casier judiciaire.

Etiquettes : Avocats | Tribunal | Violences

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