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Présidentielle : Cyrille Melchior joue la carte de l’union entre Philippe, Retailleau et Attal

Ecrit par S.I. – le mardi 25 août 2026 à 13H44
Entre proximité avec Édouard Philippe et fidélité à LR, Cyrille Melchior défend une ligne : l’union de la droite et du centre.

Un pied chez LR, un regard tourné vers Édouard Philippe : Cyrille Melchior joue la carte de l’union à l’approche de la présidentielle. Lors de sa rencontre avec l’ancien Premier ministre, le président de Nouvel’R a appelé les différentes sensibilités de la droite et du centre à s’entendre.

La petite phrase a fait mouche. Ce mardi matin, lors d’un petit-déjeuner organisé avec les cadres de Nouvel’R, Cyrille Melchior a invité Édouard Philippe, s’il accédait à l’Élysée, à considérer La Réunion comme un territoire capable d’apporter des réponses et des innovations utiles à l’ensemble du pays. "La Réunion est une chance pour la France", a notamment défendu le président du Département, estimant que les difficultés rencontrées sur l’île avaient, dans de nombreux domaines, contraint les Réunionnais à "innover".

C’est dans ce contexte qu’il s’est adressé directement à l’ancien Premier ministre : "Et c’est pour cela que je voudrais que le président de la République que tu seras, tu puisses te dire que 'je peux m’appuyer sur La Réunion'." Une formule qui, au-delà de l’appel à faire de l’île un territoire d’expérimentation et de solutions pour la France, a immédiatement pris une dimension politique. Elle pouvait laisser penser à un soutien sans ambiguïté à Édouard Philippe. Dans l’entretien accordé après la rencontre, le président du Département a nuancé toutefois la portée de son engagement.

Pour Cyrille Melchior, l’enjeu principal demeure celui de l’union. "Il n’y a pas de victoire sans union des forces", affirme-t-il, appelant les différentes sensibilités de la droite et du centre à se rassembler à l’approche de l’élection présidentielle.

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Le président de Nouvel'R revendique d’ailleurs clairement son appartenance à la droite, avant d’appeler "toutes les personnes de sensibilité de droite", du centre droit à la droite traditionnelle, à "s’unir". Une position qui prend une résonance particulière alors que plusieurs candidatures se dessinent déjà, notamment celles d’Édouard Philippe, de Bruno Retailleau et de Gabriel Attal.

Melchior reste adhérent LR, mais regarde vers Édouard Philippe

Cette position peut sembler paradoxale. Lors des dernières municipales, Cyrille Melchior avait obtenu le soutien des Républicains et notamment celui de Bruno Retailleau, venu lui apporter son appui. Aujourd’hui, il accueille Édouard Philippe et lui témoigne publiquement sa sympathie. Mais le président du Département ne souhaite pas choisir définitivement son camp tant que les discussions entre les différentes candidatures n’ont pas abouti. "Je suis adhérent à LR mais cela ne m’empêche pas d’appeler à l’union entre toutes les composantes, des forces de droite et des centres", nuance-t-il.

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Lorsqu’il lui est demandé s’il soutient aujourd’hui Édouard Philippe, sa réponse est finalement conditionnelle : "Je peux dire que je le soutiendrai s’il est le candidat de la famille politique, je le soutiendrai."

Autrement dit, Édouard Philippe bénéficie bien d’un soutien politique de Cyrille Melchior, mais celui-ci est subordonné à une condition : que l’ancien Premier ministre devienne le candidat unique de cette famille politique.

"Les sondages ne font pas les élections"

Cyrille Melchior refuse également de trancher le duel entre Édouard Philippe et Bruno Retailleau sur la base des rapports de force actuels. Alors qu’Édouard Philippe apparaît mieux placé dans plusieurs enquêtes d’opinion, le président de Nouvel'R rappelle que "les sondages ne font pas les élections". Il préfère donc appeler les deux hommes à discuter. "Édouard Philippe, M. Retailleau doivent s’unir, s’entendre, discuter entre eux", insiste-t-il. Quant à savoir lequel devrait finalement porter les couleurs de cette coalition, Cyrille Melchior renvoie précisément à cette discussion : "C’est de cette discussion qu’émergera la candidature."

Il se montre néanmoins particulièrement élogieux à l’égard de l’ancien Premier ministre, dont il dit apprécier "les qualités humaines", "les capacités d’écoute et de dialogue". Des qualités qu’il dit avoir constatées directement lors de la rencontre avec les cadres de Nouvel’R.

Cette dernière n’a d’ailleurs pas uniquement porté sur la présidentielle. Cyrille Melchior assure avoir présenté à Édouard Philippe "le projet" souhaité par Nouvel’R pour La Réunion dans les prochaines années. Il annonce que les mêmes échanges auront lieu avec les autres prétendants, "notamment bien sûr avec Bruno Retailleau".

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Une posture d’équilibriste assumée

La position de Cyrille Melchior relève ainsi d’un équilibre politique assez soigneusement construit. L’élu ne rompt pas avec sa famille politique d’origine — il revendique toujours son adhésion à LR — tout en profitant de la venue d’Édouard Philippe pour afficher une proximité avec celui qui apparaît aujourd’hui comme l’un des prétendants les mieux placés du camp de la droite et du centre.

Sa stratégie consiste surtout à ne pas se laisser enfermer dans un choix prématuré. En appelant publiquement à l’union, il conserve une relation avec Bruno Retailleau tout en adressant à Édouard Philippe un signal politique particulièrement favorable. Sa déclaration du matin — "je voudrais que le président de la République que tu seras" — est ainsi plus engagée que sa réponse formelle sur son soutien. Le message est clair : Melchior penche vers Philippe, mais veut que celui-ci s’impose dans le cadre d’une candidature unitaire plutôt que par une confrontation interne à la droite et au centre.

Une posture qui permet également au président du Département de placer La Réunion au cœur des discussions avec les prétendants à l’Élysée. "Je pose les attentes des Réunionnaises et des Réunionnais au candidat qui est chez nous aujourd’hui, c’est Édouard Philippe", assure-t-il. Et il prévient : les mêmes attentes seront présentées aux autres candidats.

À ce stade, donc, pas question pour Cyrille Melchior de choisir définitivement entre Édouard Philippe et Bruno Retailleau, voire Gabriel Attal. Mais son accueil et ses déclarations de ce mardi montrent que l’ancien Premier ministre dispose d’ores et déjà d’un soutien potentiel clairement identifié à La Réunion. À une condition, martelée tout au long de l’entretien : que la droite et le centre parviennent à parler d’une seule voix.

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