Chemin Furcy-Pitou : coup de chaud entre les transporteurs et la mairie de Saint-Benoît

Le ton est monté ce mardi entre des transporteurs et la mairie de Saint-Benoît. En cause : la décision de la municipalité de faire appliquer l'interdiction de circulation des poids lourds sur le chemin Furcy-Pitou. Une mesure qui intervient alors que les travaux au niveau du pont Harmonie privent temporairement les camions de leur itinéraire habituel pour rejoindre le site de concassage de Teralta, à Bras-Panon. Après une réunion en présence du carrier, une autre réunion est prévue en fin de semaine.
Coup de chaud ce mardi du côté du chemin Furcy-Pitou (Beauvallon) à Saint-Benoît. Plusieurs camions transportant des granulats ont été stoppés par la police municipale alors qu'ils empruntaient cet axe pour rejoindre Bras-Panon.
Pour la mairie, il s'agissait d'appliquer un arrêté municipal récent interdisant le passage des poids lourds sur cette voie. Une opération présentée comme "pédagogique" et qui n'aurait, à ce stade, donné lieu à aucune verbalisation.
Mais du côté des transporteurs, l'intervention a été particulièrement mal accueillie. Ceux-ci expliquent qu'ils ne disposent actuellement d'aucune véritable alternative pour poursuivre leur activité.
"Nous, on ne demande pas forcément à passer là, ce qu'on veut c'est pouvoir travailler", résume l'un des représentants des transporteurs.
Les transporteurs privés d'itinéraire alternatif
Habituellement, les camions disposent d'un autre itinéraire, plus habituel, passant au niveau du littoral par l'ancienne route nationale, le secteur de Beauvallon et le pont de la Rivière des Roches.
Mais les travaux menés depuis fin juillet au niveau du pont Harmonie empêchant temporairement l'utilisation de l'axe, les poids lourds se sont donc reportés sur le chemin Furcy-Pitou, précisément celui sur lequel la municipalité a décidé de faire respecter son interdiction.
"On ne peut plus passer de l'autre côté à cause des travaux, on ne peut pas passer par ici. Ça sous-entend qu'il n'y a pas de solution, on ne peut pas traverser", clame le représentant des transporteurs.
Selon lui, entre 20 et 40 camions sont concernés quotidiennement par le transport des matériaux depuis le site de concassage de Teralta à Bras-Panon (ex-Holcim) ou pour amener les matières premières depuis la carrière exploitée par le carrier, à Sainte-Anne, jusqu'à Bras-Panon.
La situation aurait entraîné un peu de tension en fin de matinée, entrainant une intervention des gendarmes. Les transporteurs auraient un temps menacé de déverser "devant la mairie" des camions chargés et devant faire leur livraison avant que la situation ne se débloque en début d'après-midi.
Après discussions, les véhicules qui étaient déjà chargés ont finalement été autorisés à poursuivre leur trajet.
Une lourde facture pour refaire la voirie selon la mairie
Mais derrière la question de l'itinéraire se cache un différend plus ancien.
Selon la mairie, le passage répété des poids lourds sur le chemin Furcy-Pitou entraîne d'importantes dégradations de la chaussée et suscite depuis plusieurs années des plaintes des habitants concernant la poussière, le bruit ou encore les nids-de-poule.
Selon le cabinet du maire, joint ce mardi, la réhabilitation de cette seule voirie représenterait entre 700 000 et 800 000 euros. Une somme considérable pour la collectivité, qui indique consacrer environ un million d'euros par an à l'ensemble de ses voiries communales.
La municipalité assure avoir demandé aux acteurs économiques concernés, carrier en tête, de participer financièrement à la remise en état et au renforcement de la route.
Une réunion s'est notamment tenue en juin 2026 en sous-préfecture, sans déboucher sur un accord. Face à l'absence de solution, le maire a finalement pris un arrêté interdisant la circulation des poids lourds sur l'axe.

La menace d'un mouvement de plus grande ampleur
La municipalité ne cache pas que l'application de cet arrêté doit permettre de faire avancer les négociations.
La mairie considère qu'elle ne peut supporter seule le coût de dégradations qu'elle attribue en grande partie au passage régulier des camions.
Du côté des transporteurs, on minimise l'impact, jugeant "abusive" la position de la mairie. "L'usure d'une route fait partie d'un cycle normal, c'est le cas ailleurs et on ne demande pas aux acteurs économiques de payer pour son entretien", rétorque le transporteur.
Ce dernier insiste sur les conséquences économiques d'une interruption de leur activité. Au-delà des chauffeurs directement concernés, ils mettent en avant toute l'activité générée autour du transport : "carburant, pneumatiques, entretien des véhicules ou encore l'approvisionnement des chantiers".
Faute d'accord rapide, un mouvement de plus grande ampleur n'est pas à exclure prochainement, alors que les travaux sur l'ancienne route nationale doivent se poursuivre jusqu'en fin d'année.
Une solution temporaire en attendant une solution définitive
Les deux parties semblent désormais chercher une porte de sortie. La mairie reconnaît que les travaux du pont Harmonie créent une situation particulière et se dit disposée à examiner une solution temporaire permettant aux transporteurs de poursuivre leur activité.
"On comprend bien qu'avec les travaux sur le pont Harmonie, c'est compliqué. On veut bien trouver des solutions temporaires. Mais à terme, il faudrait trouver une solution définitive où ils ne passeraient plus par ce chemin-là", indique le cabinet du maire.
Une nouvelle rencontre entre les différents acteurs est prévue vendredi.


