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Logement social : Huguette Bello demande à l’État de renforcer ses crédits

Ecrit par Zinfos974 – le mardi 18 août 2026 à 15H02

Alors que plus de 50 000 ménages sont en attente d’un logement à La Réunion, Huguette Bello alerte une nouvelle fois sur la diminution des crédits consacrés au logement social. Malgré l’annonce d’un complément de 16,4 millions d’euros pour la Ligne budgétaire unique (LBU), la présidente de Région estime que l’enveloppe prévue pour 2026 reste très insuffisante et appelle l’État à renforcer son engagement.

Après un premier coup de semonce le 22 juillet, la présidente de Région sonne une nouvelle fois la charge sur la question du financement du logement social.

Dans un communiqué transmis aux rédactions ce mardi 18 août, Huguette Bello réclame un renforcement de la Ligne budgétaire unique, principal outil de financement de la politique du logement social en Outre-mer.

Les chiffres avancés par la présidente de Région témoignent, selon elle, de l’ampleur de la crise : plus de 50 000 ménages sont actuellement en attente d’un logement et 150 000 Réunionnais souffrent du mal-logement. Dans le même temps, seuls 1 739 logements sociaux ont été livrés en 2024.

À cette production jugée insuffisante s'ajoutent les difficultés concernant la rénovation des logements et l’accession à la propriété. Huguette Bello pointe notamment l’arrêt du dispositif des Logements évolutifs sociaux (LES), “sans qu’aucune solution alternative n’ait été proposée”.

Pour la présidente de Région, plusieurs facteurs expliquent cette situation : le manque de moyens financiers, les difficultés à mobiliser le foncier, la complexité des opérations d’aménagement, le prix des terrains ou encore l’augmentation des coûts de construction. La collectivité régionale réclame depuis plusieurs mois la tenue d’Assises du logement afin de réunir l’ensemble des acteurs autour de ces problématiques.

“Le compte n’est toujours pas bon”

Mais c’est surtout la baisse annoncée de la LBU qui cristallise aujourd’hui les inquiétudes. Initialement, l’enveloppe consacrée à La Réunion devait être ramenée à 27 millions d’euros en 2026, contre 85,65 millions d’euros en 2024 et 78,5 millions en 2025.

Lire aussi : Ligne Budgétaire Unique : la ministre des Outre-mer rassure Ericka Bareigts sur les crédits du logement social

Cette perspective avait entraîné une importante mobilisation des acteurs réunionnais du logement. Une manifestation avait notamment été organisée le 20 mai dernier, suivie d’un courrier au Premier ministre et d’une motion cosignée par les acteurs du secteur à la Chambre de commerce et d’industrie, avant son dépôt en préfecture le 24 juin.

La ministre des Outre-mer avait ensuite annoncé travailler à une réévaluation des crédits. Selon les informations rapportées par la Région, un premier complément de 16,4 millions d’euros aurait finalement été obtenu pour La Réunion.

Une avancée qui reste largement insuffisante aux yeux d’Huguette Bello. “Bien que cela représente une avancée par rapport à ce qui avait été annoncé, force est de constater que le compte n’est toujours pas bon”, estime-t-elle.

Avec ce complément, la LBU atteindrait 43,5 millions d’euros en 2026. Une enveloppe qui représenterait toujours “près de la moitié du montant de 2024 et une baisse de 45 % par rapport à 2025”.

La présidente de Région redoute notamment les conséquences de cette diminution sur les projets déjà programmés, mais également sur l’activité économique réunionnaise.

Une réunion entre l’État et les différents acteurs du logement doit justement se tenir cette semaine. Une initiative accueillie favorablement par la Région, qui estime toutefois qu’elle ne règle pas la question du financement. “Une telle démarche ne saurait masquer en aucun cas le problème grave et urgent auquel nous sommes confrontés : la baisse importante de la LBU”, prévient Huguette Bello.

“Aucun acteur local ne pourra compenser un désengagement significatif de l’État”

Pour la présidente de Région, le maintien d’un financement important de l’État est d’autant plus indispensable que les besoins sociaux restent considérables sur l’île.

“Aucune illusion ne doit être entretenue : le modèle réunionnais du financement du logement social, qui repose sur un financement substantiel de l’État à travers la LBU, est dicté par la situation sociale”, insiste l'élue.

Selon les chiffres avancés dans son communiqué, 75 % de la population réunionnaise est éligible au logement social et 85 % des demandeurs peuvent prétendre au logement très social.

“Sur ces bases, le maintien et le renforcement de la LBU sont des conditions impératives pour soutenir une politique du logement à la hauteur réelle des besoins. C’est la responsabilité de l’État”, poursuit Huguette Bello.

Si la présidente de Région reconnaît que chaque collectivité doit intervenir dans le cadre de ses propres compétences, elle rappelle que le financement du logement social repose historiquement sur un partenariat important avec l’État.

“Aucun acteur local, aussi engagé soit-il, ne pourra compenser un désengagement significatif de l’État”, avertit-elle, considérant par ailleurs que les propositions formulées dans le rapport parlementaire de Karine Lebon et François Jolivet constituent “la feuille de route qu’il faut suivre”.

La Région rappelle de son côté plusieurs leviers déjà mobilisés. La révision du Schéma d’aménagement régional intègre ainsi un objectif de 170 000 logements à construire d’ici 2050. La collectivité intervient également à travers le FRAFU* pour la viabilisation des terrains destinés aux opérations de logement social, la Gouvernance régionale de l’aménagement ou encore le déploiement du label “Gestion intégrée des eaux pluviales”.

Elle participe aussi au financement de la rénovation énergétique des logements sociaux via le FEDER et annonce mobiliser 10 millions d’euros supplémentaires sur le programme européen en cours pour contribuer au financement d’opérations identifiées avec les bailleurs.

Lire aussi : Construction : les permis repartent, mais la crise du logement reste entière à La Réunion

Face à la crise, Huguette Bello appelle donc à maintenir la mobilisation collective. “La mobilisation de l’ensemble des acteurs pour faire face à la situation de crise est une nécessité et chacun doit faire preuve d’esprit de responsabilité. Mais la capacité de résilience et d’adaptation ne signifie pas renoncement.”

La présidente de Région conclut en maintenant clairement la pression sur l’État : “La mobilisation doit se poursuivre pour obtenir de l’État le renforcement de la LBU. C’est un impératif de justice sociale et de responsabilité nationale.”

*Fonds Régional d'Aménagement Foncier et Urbain

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