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Le procès en appel d’Olivier Hoarau reporté de six mois

Ecrit par Eric Lainé – le jeudi 28 mai 2026 à 18H16

Le maire du Port et son ex-premier adjoint ont bénéficié d’un délai supplémentaire de six mois pour fourbir leurs armes en attendant d’être jugés en appel pour recel d’abus de confiance et blanchiment dans l’affaire des fonds versés par la société Mercialys à des associations sportives en sommeil. La date du procès a été fixée au 26 novembre prochain si tout va bien.

Des procès renvoyés par le tribunal judiciaire de Saint-Pierre sur fond de sous-effectifs de magistrats. Des procès renvoyés à la cour d’appel de Saint-Denis sur fond de difficultés managériales patentes. Des juges d’instruction débordés au tribunal de Saint-Denis… Et un volume de dossiers qui ne fait que croître.

A La Réunion, la justice est en proie à une morosité ambiante - pour ne pas dire plus - que personne ne semble en capacité de dissiper d’autant que certains semblent souffler sur les braises. Le tout au grand dam des victimes, des justiciables et des auxiliaires de justice de tous poils.

Deux prévenus encore en lice

Tout ça pour dire qu’hier encore, la chambre des appels correctionnels n’a pas pu accueillir comme il se doit Olivier Hoarau et Fayzal Ahmed-Vali, les deux derniers prévenus de la fameuse affaire des aides octroyées par la société Mercialys dans le cadre du projet Cap Sacré-Cœur au Port.

On parle de 400.000 euros injectés pour venir en aide à des associations à but non lucratif de la commune. Le souci est que certaines, plutôt à vocation sportive, étaient en sommeil à l’époque et que leur président a permis que les fonds soient siphonnés à hauteur de 80.000 euros.

Trois autres relaxés

Des remises d’argent frais à des fins personnelles par le biais de SMS sibyllins où l’on comptait en kilos de mangue, de letchi ou de poisson plutôt qu’en euros. Porté disparu, cet argent aurait été englouti dans des frais d’hôtel, des voyages et sans doute aussi pour satisfaire des petits plaisirs difficilement avouables.

Des cinq prévenus en lice devant le tribunal judiciaire de Saint-Denis, trois ont finalement été lavés de tout soupçon faute d’éléments jugés probants par les juges. Il s’agit du directeur de cabinet de l’époque, Bernard Payet, de l’épouse de Fayzal Ahmed-Vali et du cadre du groupe Casino, Eric Heinz.

Plus de pacte de corruption

Comme le pacte corruptif n’a finalement pas été démontré aux yeux des magistrats, Olivier Hoarau et Fayzal Ahmed-Vali ont finalement été condamnés pour recel d’abus de confiance et blanchiment à 15 mois de prison avec sursis, 15.000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité. Une requalification de dernière minute que les avocats de la défense entendent bien balayer d’un revers de main en appel comme ils se sont empressés de l’indiquer sitôt le délibéré rendu, le 17 décembre 2024.

De même qu’il ne fait guère mystère que les conseils des prévenus plaideront la relaxe de leur client, le 26 novembre prochain comme en première instance. D’ici là, les juges auront eu le temps d’éplucher à nouveau le dossier pour qu’il soit enfin audiencé, le cas échéant dans une nouvelle composition comme ce fut le cas pour Didier Robert.

Etiquettes : Olivier Hoarau

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