Revenir à la rubrique : Société

La Chambre d’agriculture refuse toute nouvelle baisse des quotas de production de volailles

Ecrit par P.M. – le samedi 16 mai 2026 à 16H22

Depuis la Foire agricole de Bras-Panon, le président de la Chambre d’agriculture de La Réunion, Olivier Fontaine, a fait le point ce vendredi sur plusieurs dossiers d’actualité, dont certains sensibles, notamment concernant la filière volailles et une nouvelle baisse envisagée par l’État de la densité dans les élevages.

C’est clair et net : c’est non. Le président de la Chambre d’agriculture a affiché ce vendredi, depuis le stand de la chambre verte à la Foire, son opposition à toute baisse des quotas de production de volailles. En cause : un projet de l’État visant à réduire de nouveau la densité dans les bâtiments d’élevage, avec un passage envisagé de 39 à 37 kilos par mètre carré, faute d’exutoires suffisants en matière de gestion des déchets de la filière.

« On est contre ça », a insisté Olivier Fontaine, estimant qu’une telle mesure reviendrait à fragiliser les revenus des éleveurs et à ouvrir davantage le marché aux importations. Selon lui, au moins trois projets d’unités de traitement des déchets sont en cours d’instruction auprès de l’État et devraient permettre de résoudre la question des effluents d’ici un à un an et demi.

Lire aussi : Vente de Tereos : le Département réclame la transparence et se dit prêt à entrer au capital

Le président de la Chambre d’agriculture considère qu’il n’y a « donc aucune raison de freiner la production locale » en attendant la mise en service de ces unités. « On ne parle que de plumes », argumente-t-il, « l’enfouissement est encore possible et, dans le même temps, on veut ouvrir 30 hectares pour gérer les déchets de tout le monde ».

Il rappelle que la filière volaille reste l’un des secteurs affichant le plus de perspectives de développement à La Réunion.

Lire aussi : Filière volaille : l'ultimatum sans concession du préfet pour mettre fin à une « guerre fratricide »

Développer les élevages fermiers

Au-delà, Olivier Fontaine a plaidé pour le développement de petites unités d’élevage au sein des exploitations agricoles. Poulets fermiers, canards, pondeuses ou encore cochons noirs pourraient permettre à certains agriculteurs de diversifier leurs revenus.

Cette diversification devra toutefois s’accompagner d’un assouplissement des règles administratives, selon lui, et d’un accompagnement financier adapté, notamment pour « apporter des solutions de trésorerie » aux petites structures, mais aussi pour renouveler les cheptels « alors que l’importation d’animaux est très coûteuse ».

« Il faut qu’on propose des solutions concrètes aux agriculteurs », appelle l’agriculteur de Saint-Benoît, en évoquant les conférences sur la souveraineté alimentaire initiées par l’État et la préfecture. L’objectif est, pour lui, de faire émerger des « projets structurants et rapidement applicables », plutôt que de produire « une grande bible » sans suite concrète, en prenant l’exemple des avancées sur le projet de filière fruit à pain.

Tereos : « On ne peut pas être partenaires que quand ça les arrange »

Le président de la Chambre d’agriculture est également revenu sur les inquiétudes autour de la filière canne et du groupe Tereos. Il regrette à son tour un manque d’informations concernant l’avenir du capital de l’industriel et la place éventuelle des acteurs locaux. La chambre verte a écrit à Tereos, « mais nous n’avons pas d’informations malgré nos sollicitations ».

Olivier Fontaine appelle à davantage de « transparence » et souhaite que les planteurs puissent être associés aux discussions sur l’avenir de la filière, voire pouvoir entrer au capital avec le soutien, ou non, de collectivités comme le Département, comme l’a évoqué mercredi Cyrille Melchior. « On ne peut pas être partenaires uniquement quand ça les arrange », lance Olivier Fontaine en direction de l’industriel.

« C’est un vœu que je porte depuis longtemps. Avec Bruno Robert, on avait interpellé en 2010, à ce sujet, Tereos France au moment du rachat de l’usine de Bois-Rouge », poursuit-il concernant la volonté d’entrer au capital de l’industriel.

Faute de réponse, le monde agricole pourrait durcir le ton au fil des semaines…

L’insémination artificielle bientôt de retour

Olivier Fontaine a également insisté sur l’enjeu de souveraineté alimentaire, appelant à accompagner davantage les petites exploitations souhaitant se diversifier, par un meilleur accompagnement des investissements notamment. 

L'occasion d'insister de nouveau sur la nécessité de préserver le POSEI sous sa forme actuelle et d’en augmenter les ressources. Si le Parlement a voté dans ce sens, rien n’est joué pour autant, rappelle-t-il, dans l’attente de la position des États et de la Commission européenne.

Lire aussi : POSEI : de retour de Bruxelles, Olivier Fontaine reste "inquiet"

Autre annonce faite : le retour prochain du service d’insémination artificielle le dimanche pour la filière bovine par la chambre verte. Suspendu récemment, le service devrait reprendre d’ici juin.

Olivier Fontaine a par ailleurs alerté de nouveau sur la hausse continue des charges, des intrants mais aussi du carburant, regrettant jusqu’à présent l’absence d’aides directes adaptées aux réalités des exploitations réunionnaises.

Dans la même rubrique

0💬
Tri :