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"Il faut arrêter cette hécatombe" : que contient le plan de résilience économique proposé par le patronat face aux défaillances d’entreprises ?

Ecrit par L-H.T – le mardi 12 mai 2026 à 08H01

Face à la flambée des carburants et aux tensions géopolitiques mondiales, la CPME Réunion tire (encore) la sonnette d’alarme. L’organisation patronale réclame des aides automatiques et un véritable plan de résilience pour éviter une vague de défaillances d’entreprises. Explications.

La hausse des carburants et les tensions internationales commencent à faire trembler les entreprises réunionnaises. Invitée à la préfecture dans le cadre du Comité départemental d’accompagnement et de soutien des entreprises mercredi 6 mai, la CPME Réunion a exprimé sa "vive préoccupation" face aux conséquences économiques du contexte actuel sur les TPE et PME de l’île.

Dans son communiqué, l’organisation patronale évoque un "climat d’incertitude" alimenté notamment par les tensions autour du conflit avec l’Iran et par la nouvelle hausse des prix des carburants annoncée à La Réunion pour le mois de mai.

"La crise énergétique pourrait se transformer en crise économique durable"

Pour le président de la CPME, Pascal Plante, la situation devient critique. "Les TPE-PME et ETI réunionnaises sont le cœur battant de notre tissu économique et sans un accompagnement plus vigoureux, la crise énergétique pourrait se transformer en crise économique durable", alerte-t-il notamment.

Au-delà du constat, la CPME critique ouvertement les dispositifs actuels d’aide, jugés trop complexes et insuffisants. L’organisation pointe notamment un système "de guichet" qui exclurait de nombreuses entreprises industrielles et de services.

Elle réclame ainsi une "simplification immédiate" avec le passage à un mécanisme de "remise automatique", afin d’éviter des démarches administratives lourdes pour les entreprises déjà fragilisées.

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La CPME demande également un élargissement des aides à toutes les entreprises dont les coûts énergétiques pèsent fortement sur les marges, et non plus seulement aux secteurs traditionnellement ciblés comme le transport ou l’agriculture.

Autre inquiétude majeure avec les délais de paiement. L’organisation rappelle que "25 % des défaillances d’entreprises sont directement liées à des retards de paiement" et appelle les grands donneurs d’ordre publics et privés à respecter leurs engagements. Une demande adressée notamment aux acteurs de la commande publique, invités à appliquer les clauses de révision des prix face à l’envolée des coûts.

Sur la base d'un dispositif Orsec ?

Mais la CPME veut aussi aller plus loin et sortir de la gestion de crise permanente. Elle propose la création d’un véritable "Plan de Résilience Économique", inspiré d’une logique proche des dispositifs Orsec, mais appliquée à l’économie.

Parmi les pistes avancées, un droit automatique à la poursuite d’activité avec moratoires fiscaux et sociaux, la création d’une banque de relance territoriale gérée par Bpifrance ou encore des diagnostics express pour identifier les entreprises les plus vulnérables.

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Pour Pascal Plante, La Réunion doit désormais se préparer aux crises à répétition plutôt que les subir. "Nous ne pouvons plus nous contenter de pansements", affirme-t-il, appelant à bâtir "une véritable stratégie de continuité économique" pour les outre-mer.

Selon la CPME, la préfecture a accepté d’ouvrir rapidement des discussions avec les partenaires économiques afin d’étudier ces propositions. Un travail commun doit également être engagé avec plusieurs organisations patronales et professionnelles locales.

Etiquettes : Carburants | CPME | Entreprises

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