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CIVIS : une stabilité politique en trompe-l’œil face à des dossiers lourds

Ecrit par S.I. et A.D. – le samedi 9 mai 2026 à 09H07
Photo : Alexandre Robert

Après les municipales, Pierrot Dupuy reçoit Philippe Fabing, directeur de l'institut Sagis, pour analyser les équilibres politiques et les enjeux de la CIVIS. Si sa gouvernance apparaît stable, plusieurs dossiers structurants pourraient rapidement mettre cette continuité à l’épreuve.

Après la CINOR et le Territoire de l'Ouest, la CIVIS confirme une singularité : celle d’une intercommunalité sans véritable secousse politique. La reconduction du maire de Saint-Pierre, David Lorion, à sa présidence, s’est faite sans opposition, dans le sillage direct de Michel Fontaine.

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"Là aussi, c’est le maire de la plus grosse commune qui devient président", observe Pierrot Dupuy, soulignant la centralité persistante de Saint-Pierre. Une domination ancienne que Philippe Fabing résume par l’idée d’un "continuum", estimant que "la CIVIS est l’intercommunalité où les choses se sont passées de la manière la plus fluide".

La bascule du Tampon, coup d’arrêt à un axe politique

Dans ce paysage verrouillé, une inconnue subsistait : Juliana M'Doihoma. Rapidement, l’hypothèse d’une candidature alternative s’est dissipée. "Elle a très vite compris que la majorité n’était pas avec elle", note Pierrot Dupuy. Un retrait de la maire de Saint-Louis qui ne vaut pas renoncement, nuance Philippe Fabing, évoquant des ambitions possibles au-delà du seul cadre communal.

Car si la CIVIS semble figée dans ses équilibres internes, le contexte politique du Sud, lui, a évolué. La défaite de Patrice Thien-Ah-Koon a mis fin à un rapprochement amorcé entre Saint-Pierre et Le Tampon. "Les projets communs passent aujourd’hui aux oubliettes", constate Pierrot Dupuy, citant notamment le téléphérique envisagé vers la Plaine-des-Cafres. Pour Philippe Fabing, cette bascule "prive la droite du Sud d’un axe politique en construction" et referme, au moins temporairement, la perspective de coopérations renforcées avec la CASUD.

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Au-delà des équilibres politiques, les défis restent nombreux. Le dossier de l’Aéroport de Pierrefonds concentre les interrogations. "Il va falloir voir si les nouvelles liaisons vont tenir dans le temps", prévient Pierrot Dupuy. L’infrastructure, pensée comme un levier de développement, peine à trouver son modèle. Philippe Fabing confirme : "Cet équipement n’a pas trouvé de position forte", notamment dans le transport de passagers.

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Transports : des tensions persistantes sur le terrain

Autre point noir : la mobilité. Entre embouteillages chroniques et efficacité limitée des transports en commun, la situation reste tendue. "Les habitants râlent toujours", rapporte Pierrot Dupuy à propos des ajustements opérés sur le réseau Alternéo. Pour Philippe Fabing, le problème dépasse la seule intercommunalité : "On reste sur des transports largement captifs", sans véritable alternative à la voiture.

S’ajoutent à cela la gestion des déchets et les enjeux de développement économique, notamment autour de Pierrefonds. Autant de dossiers qui, s’ils relèvent parfois de compétences partagées, retombent politiquement sur les élus locaux. "Celui vers qui les habitants se tournent d’abord, c’est le maire", rappelle Philippe Fabing.

Au final, la CIVIS apparaît comme une intercommunalité stable en surface. "Il n’y a pas de surprise, on est dans la logique", résume Pierrot Dupuy. Mais derrière cette continuité, les fragilités demeurent. Entre équilibres politiques recomposés et défis structurels persistants, le sud pourrait rapidement voir cette stabilité mise à l’épreuve du réel.

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