Urcoopa : exclue, Terracoop dénonce une “décision autoritaire” et une “concentration du pouvoir”

Écartée ce lundi de l’Urcoopa après un double vote en assemblée générale et en conseil d’administration, Terracoop contre-attaque. Dans un communiqué musclé, la coopérative dénonce une décision “grave” et alerte sur les conséquences pour la filière agricole réunionnaise.
La rupture est désormais totale. Quelques heures après son exclusion actée ce lundi matin à Cambaie, Terracoop a diffusé un communiqué offensif, dénonçant une décision “lourde de conséquences pour la filière agricole péi”.
Réunie en assemblée générale extraordinaire, l’Urcoopa a d’abord voté la révocation de Terracoop de son mandat d’administrateur. Dans la foulée, un conseil d’administration s’est tenu pour entériner un second vote : l’exclusion de la coopérative de l’Union.
Deux décisions successives qui scellent définitivement l’éviction de Terracoop.
Sur place, le ton est à l’incompréhension. Florent Malet, administrateur représentant Terracoop, pointe une sanction liée au dossier Soficoop. “Aujourd’hui, on est exclu parce qu’on a proposé un plan pour sauver la Soficoop. On propose une solution, et la réponse c’est l’exclusion”, déplore-t-il.
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“Une rupture avec l’esprit fondateur”
Dans son communiqué, Terracoop insiste sur la portée symbolique de cette décision. “Une décision grave, qui marque une rupture avec l’esprit fondateur de cette structure”, écrit le conseil d’administration, rappelant son rôle historique dans la création de l’Union.
La coopérative évoque une éviction anticipée de longue date. “On vient rejouer ce qui avait été annoncé depuis plusieurs semaines : notre élimination.”
Elle affirme également que les appels à l’apaisement ont été ignorés. “Les démarches de concertation et de médiation n’ont pas été suivies d’effet”, souligne-t-elle, évoquant un dialogue rompu.
Un constat partagé par Florent Malet : “On voulait construire quelque chose ensemble, avec les idées de tout le monde. L’objectif, c’était de sauver la Soficoop.”
Henri Lebon directement visé
Le communiqué cible frontalement la gouvernance actuelle. Terracoop dénonce un “décalage profond entre les discours d’apaisement et la réalité des actes” et accuse Henri Lebon de fermer la porte à toute concertation.
La coopérative rappelle également que, selon elle, le président exerce ses fonctions à titre “provisoire” depuis la décision de justice du 7 avril. Une décision qui n’empêcherait pas, selon Terracoop, la prise de mesures irréversibles.
Une “concentration inédite du pouvoir”
Au-delà de l’exclusion, Terracoop alerte sur une recomposition de la gouvernance qu’elle juge préoccupante.
Avec l’entrée de Proval, elle estime qu’un nouvel équilibre se met en place. “Une majorité de 4 voix sur 5, avec une voix prépondérante du président, confère à un seul homme un contrôle quasi total sur un outil stratégique”, affirme la coopérative.
Elle pointe également le poids de la CPPR au sein de cette nouvelle configuration, évoquant une influence déterminante sur les décisions de l’Union.
300 salariés dans l’incertitude
Sur le terrain, les inquiétudes se concentrent sur l’emploi. Terracoop rappelle représenter 80 % des éleveurs, près d’un tiers de l’activité alimentation et un tiers du capital de l’Union.
Des éléments qui, selon elle, ne peuvent être ignorés sans fragiliser l’équilibre du secteur. “Aujourd’hui, ça fragilise 300 salariés. On est un genou à terre, mais on va continuer à se battre”, insiste Florent Malet.
Le communiqué va plus loin, évoquant des restructurations à venir et des “heures sombres” pour la coopérative.
Un conflit désormais sans retour
En conclusion, Terracoop tire la sonnette d’alarme. Elle redoute une dérive du modèle coopératif local et une concentration du pouvoir aux conséquences durables.
“Plus rien ne sera comme avant. La filière est plus divisée que jamais”, prévient-elle.
Avec cette exclusion, le conflit sort définitivement du cadre interne pour devenir un affrontement ouvert. Et alors que la Soficoop reste en redressement judiciaire, une question demeure : cette guerre de gouvernance ne risque-t-elle pas d’emporter toute la filière avec elle ?
Une chose est sûre : après ce lundi, aucun retour en arrière ne semble possible.


