Emploi à La Réunion : 33.900 recrutements attendus en 2026, un marché plus résilient qu’au national

Malgré une légère baisse des intentions d’embauche, le marché du travail réunionnais résiste en 2026. Portée par le BTP, l’industrie et les services à la personne, l’île affiche une dynamique plus stable que l’Hexagone, même si les difficultés de recrutement persistent.
À La Réunion, le marché du travail fait preuve de résistance. Selon l’enquête sur les besoins en main-d’œuvre (BMO) dévoilée par France Travail, 33.900 projets de recrutement sont recensés pour 2026, soit une baisse limitée de 3 % sur un an.
Un ralentissement mesuré, qui contraste avec la tendance nationale. "On a des intentions d’embauche qui restent plutôt stables pour La Réunion. La baisse est réelle, mais dans le secteur marchand elle n’est que de 1 %, là où la France hexagonale est à -6 %", souligne Francicia Courtois, directrice régionale de France Travail. Chaque année, cette enquête permet de capter les besoins des employeurs et d’anticiper les tensions du marché. "Elle qualifie leurs intentions d’embauche et permet d’identifier les difficultés de recrutement", précise-t-elle.
Avec 19.800 projets, le secteur privé concentre à lui seul 58 % des besoins en recrutement. Une légère baisse est observée, notamment dans les services aux entreprises et le commerce. Mais derrière cette tendance globale, plusieurs secteurs tirent leur épingle du jeu. La construction, l’industrie et l’agriculture affichent une progression des intentions d’embauche.
"Cette année, on observe des intentions plus fortes dans le BTP, mais aussi dans l’agriculture et l’industrie. C’est un signal encourageant pour le territoire", insiste Francicia Courtois.
BTP et industrie en reprise : des signaux encourageants
Le regain d’activité dans le bâtiment marque un tournant après une année plus difficile. Même dynamique du côté de l’industrie, portée par des enjeux de production locale et d’autonomie économique. "On cherche de plus en plus à produire localement. Le contexte international pousse à renforcer notre souveraineté, notamment dans des secteurs stratégiques comme l’énergie. Cela crée des besoins et des appels d’air en compétences", explique la directrice régionale. Une évolution qui se traduit par une hausse des recrutements dans l’agroalimentaire et certaines activités industrielles.
Malgré ces évolutions, les fondamentaux du marché réunionnais restent solides. L’hôtellerie-restauration, l’aide à la personne et le commerce continuent de concentrer une part importante des recrutements. "Ce sont des secteurs structurants pour notre territoire", rappelle Francicia Courtois. Ces domaines concentrent aussi une grande partie des tensions, avec des besoins importants et des difficultés à attirer ou fidéliser les candidats.
Près d’un recrutement sur deux jugé difficile
En 2026, 47 % des projets d’embauche sont considérés comme difficiles par les employeurs. Une proportion en légère baisse, mais qui reste élevée. Les tensions sont particulièrement marquées dans les petites entreprises, mais aussi dans des secteurs comme le bâtiment, l’agriculture ou encore l’hébergement-restauration.
Malgré ces difficultés, La Réunion se distingue par son efficacité en matière de recrutement. "Nous faisons partie des régions les plus performantes, que ce soit sur les délais pour trouver un profil ou sur l’adéquation entre les besoins et les candidats", affirme Francicia Courtois.
Une performance qu’elle attribue à la spécificité du territoire : "C’est une région à taille humaine, avec une vraie proximité entre les acteurs et une forte collaboration avec les entreprises. C’est aussi là où le recours à France Travail est le plus élevé."
Secteur public et associations en léger repli
Dans le secteur public, 7.800 embauches sont prévues, principalement dans l’administration, l’enseignement et la santé, soit une légère baisse par rapport à 2025. Les associations enregistrent un recul plus marqué, avec 6.300 recrutements attendus, concentrés dans l’action sociale, les activités culturelles et le secteur éducatif.
Au final, le marché de l’emploi réunionnais reste globalement solide en 2026. Entre des secteurs en reprise, des besoins structurels élevés et des tensions persistantes sur certains métiers, les défis restent nombreux.
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L’enjeu, désormais, sera d’adapter les compétences aux besoins des employeurs pour accompagner durablement la dynamique économique de l’île.


