"Des syndicats de solutions" : la FDSEA et les JA en campagne pour les CMU

À l’approche des élections des commissions mixtes d’usine (CMU), prévues le 28 avril dans les cinq bassins canniers, la FDSEA et les Jeunes Agriculteurs (JA) ont organisé une conférence de presse pour faire le bilan de leur action, présenter leur programme et leurs ambitions aux planteurs.
Les planteurs sont en campagne et, à quelques jours du vote, la FDSEA & JA a pris la parole ce vendredi à Beaufonds pour présenter son bilan en tant que "syndicat majoritaire", ses ambitions et son programme, en mettant d'abord en avant une "capacité à défendre les intérêts des planteurs".
Pour rappel, l'élection déterminera les représentants des planteurs pour cinq ans dans les différentes CMU, avec en toile de fond la représentativité au sein de la filière canne via la CPCS - présidée par Pierre-Emmanuel Thonon (FDSEA-JA) côté planteur (candidat à Bois-Rouge) - qui sera en première ligne lors des prochaines négociations de la prochaine convention canne, en 2028.
Un enjeu majeur : "Cette élection définit les représentants planteurs au niveau des commissions mixtes d’usine […] donne la représentativité […] donc la majorité", souligne le président de la Chambre d’agriculture, Olivier Fontaine, lui candidat à Beaufonds dans le collège des moins de 700 tonnes.
Pour rappel, seule la CMU de Grands-Bois est aujourd'hui présidée par les deux syndicats, mais la FDSEA-JA l'avait emporté en nombre de sièges total : 11 contre 10 pour la CGPER et 4 pour l'UPNA. Deux derniers syndicats désormais unis pour cette élection.
Les listes et les modalités du scrutin sont à retrouver sur le site de la DAAF.
Une convention canne "positive"
Dans ce contexte, la majorité sortante met en avant son bilan, en commençant par une convention canne "avec de nombreux points positifs visant à améliorer les revenus des planteurs", en citant la création d'un complément de paiement de la fibre par Albioma ou une aide au surcoût supérieure à 703 euros par hectare pour chaque agriculteur.
Le syndicat met aussi en avant le plan de relance, les États généraux de la canne, les négociations avec l’État après le passage des cyclones avec la mise en place d'aides à l'hectare, une aide à l’engrais portée par le Département et l’interprofession ou encore "l'optimisation des reliquats" ou le "partage des bénéfices" de l’industriel avec les planteurs.
Une convention canne qui n'a pas encore pu produire tous ses effets du fait du passage de deux cyclones, de la suppression de molécules phytosanitaires ou du manque de main-d’œuvre, estime la FDSEA-JA.
"Une réflexion autour d'un prix minimum"
La question de la rémunération des planteurs s’impose comme l’un des axes majeurs de la campagne. Olivier Fontaine appelle à une évolution du cadre actuel.
"On a aujourd’hui une réflexion autour d’un prix minimum […] on ne peut pas travailler à perte", indique-t-il, évoquant la nécessité d’éviter que des planteurs soient en difficulté économique et surtout "redevables" à l'usine. Le président de la Chambre d’agriculture estime qu'il y a "une réflexion à avoir" et que la question est "possible".
Dans son programme, la FDSEA-JA mentionne également la volonté de revoir la formule de calcul de la richesse de la canne et de créer de la valeur autour des produits dérivés de la canne par les industriels du sucre, du rhum et de l’énergie.
À titre d’exemple, le développement et un meilleur accompagnement de la récolte mécanique constituent un autre "levier majeur", alors que cette dernière représente aujourd’hui 56 % du tonnage récolté, contre 31 % pour la coupe manuelle, en baisse constante.
"Une équipe qui propose du concret"
Olivier Fontaine défend le travail mené ces dernières années et appelle à la poursuite de la dynamique engagée. "On a fait quand même une bonne négociation […] c’est à poursuivre", affirme-t-il, citant notamment les États généraux de la canne et les discussions à venir sur la prochaine convention prévue à l’horizon 2028.
Dans un contexte de "très grosses difficultés" pour la filière, marqué par la baisse des tonnages et des trésoreries fragiles, Olivier Fontaine appelle les planteurs à "faire le bon choix", en privilégiant selon lui "une équipe qui est capable de travailler […] et de proposer du concret, des syndicats de solutions et qui ne vend pas du rêve".
"Ils critiquent mais ils ont débouché le champagne !"
"Aujourd'hui, la CGPER et l'UPNA dénoncent la convention canne mais ils étaient autour de la table, n'ont jamais rien proposé et l'ont signée à la fin en apportant le champagne, dire aujourd'hui que rien ne va et qu'on n'a rien fait c'est un peu gros !", tacle-t-il.
Il appelle à "poursuivre la dynamique engagée, on a encore du travail à faire avec de gros gros enjeux sur le maintien du POSEI et des aides de l'État, sur les molécules, la mécanisation… il faut dès maintenant travailler la convention canne, raison pour laquelle on ne peut pas séparer la Chambre d'agriculture et le CPCS pour la négocier au mieux avec une équipe capable de travailler et au contact du terrain".
Les planteurs sont en campagne !


