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Fouassin hausse le ton face à Bercy, le sénateur réclame des mesures d’urgence sur les carburants à La Réunion

Ecrit par L-H.T – le dimanche 12 avril 2026 à 13H20
Photos d'archives.

Face à l’envolée des prix des carburants et à une tension économique jugée critique, le sénateur réunionnais Stéphane Fouassin interpelle directement le ministre de l’Économie. Dans un courrier adressé à Bercy, il réclame des mesures immédiates et structurelles, alors que les professionnels du transport vont mettre à exécution leur menace d’une mobilisation générale, dès lundi 13 avril.

La pression monte d’un cran sur le front des carburants à La Réunion. Dans un courrier adressé au ministre de l’Économie le 10 avril, le sénateur Stéphane Fouassin tire la sonnette d’alarme et appelle à une réponse urgente de l’État face à une situation qu’il juge "particulièrement tendue".

Dès les premières lignes, le ton est donné. "Nous appelons votre attention sur la situation particulièrement tendue que connaît actuellement La Réunion en matière de prix des carburants", écrit-il, élargissant immédiatement le constat à "l’ensemble des territoires ultramarins français". Une manière d’inscrire la crise dans un cadre plus large, celui des fragilités structurelles liées à l’insularité.

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Sur le terrain, les mesures annoncées localement peinent à calmer les inquiétudes. Lors d’une table ronde organisée le mercredi 8 avril à la CCIR, la Région Réunion a pourtant renforcé son soutien, avec "un effort complémentaire de 10 centimes par litre", portant l’aide jusqu’à 33 centimes pour certains professionnels. Un geste salué mais jugé insuffisant.

Le sénateur le reconnaît lui-même. "Cet effort doit être reconnu. Il montre que la collectivité régionale a choisi de mobiliser ses marges pour répondre à l’urgence. Mais il ne suffit pas à désamorcer la crise". En cause notamment, un décalage entre l’annonce et ses effets concrets. "Cette aide (...) ne répond pas à la tension immédiate de trésorerie que subissent aujourd’hui les acteurs économiques les plus exposés", insiste-t-il .

Contestation du lundi 13 avril

Dans ce contexte, la situation reste "extrêmement fragile". Les organisations professionnelles avaient laissé 72 heures à l’État pour réagir, faute de quoi "une mobilisation pourrait intervenir dès le lundi 13 avril". Elle a été confirmée ce samedi 11 avril. Une échéance qui fait planer plus que jamais le spectre de blocages, dans une île où la dépendance à la route est totale.

Car au-delà des chiffres, c’est toute l’économie réunionnaise qui vacille. "Les annonces nationales restent générales, prudentes, et insuffisamment adaptées aux réalités d’îles", souligne le courrier. Transport, approvisionnement, vie quotidienne, tout dépend directement du carburant.

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Pour tenter d’éviter l’embrasement, Stéphane Fouassin propose trois leviers concrets. D’abord, activer pleinement les outils liés au statut de région ultrapériphérique, en s’appuyant sur les dispositifs européens existants. Ensuite, instaurer un mécanisme de lissage des prix à la pompe, afin d’amortir les hausses. Enfin, déployer des aides ciblées pour les secteurs les plus exposés, au-delà des simples prêts de trésorerie.

Décisions rapides et adaptées

Le sénateur met en garde contre des réponses inadaptées. Les dispositifs actuels "ne font que reporter la charge sans la réduire" et risquent "d’aggraver la situation financière des entreprises les plus fragiles".

En clair, le sénateur appelle à une réaction rapide et coordonnée de l’État. "Des décisions rapides et adaptées sont possibles, et (...) elles feront la différence pour des milliers de familles et de professionnels".

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À quelques jours d’une mobilisation annoncée, le message est plutôt clair. Sans réponse concrète, la crise des carburants pourrait bien se transformer en crise sociale. Si ce n'est pas déjà le cas...

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