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Carburants en Outre-mer : face à la colère grandissante, des députés ultramarins interpellent Matignon

Ecrit par L-H.T – le samedi 11 avril 2026 à 16H02
Le député Frédéric Maillot fait partie des signataires de ce courrier adressé au ministre Sébastien Lecornu.

Face à la flambée des prix du carburant, les députés ultramarins du groupe GDR tirent la sonnette d’alarme. Dans un courrier adressé au Premier ministre, ils dénoncent une crise aux effets démultipliés dans les territoires et exigent des mesures urgentes.

La tension monte autour du prix des carburants en Outre-mer. Dans une lettre datée du 8 avril 2026 et adressée au Premier ministre, les députés des territoires ultramarins du groupe Gauche démocrate et républicaine alertent sur une situation jugée "explosive". Ils pointent une hausse annoncée dès le début du mois, "en raison de la flambée du baril provoquée par le conflit qui ravage le Moyen-Orient".

Pour les élus, l’impact est d’autant plus brutal qu’il frappe des territoires déjà fragilisés. "Nous ne pouvons accepter de voir une nouvelle fois, comme une fatalité, les territoires les plus pauvres de France, les territoires les plus chers de France, subir plus qu’ailleurs dans l’Hexagone, l’impact des crises successives", écrivent-ils.

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Les parlementaires rappellent des indicateurs sociaux alarmants, avec "36,1 % à La Réunion" vivant sous le seuil de pauvreté, bien au-dessus de l’Hexagone. À cela s’ajoute un coût de la vie "plus élevé de 30 % à 41 % selon les territoires", aggravant mécaniquement les effets de chaque hausse.

Sur le terrain économique, les signaux virent également au rouge. Entre juin 2024 et juin 2025, "pas moins de 2.600 défaillances d’entreprises" ont été recensées, avec une hausse des procédures. Une dynamique inquiétante alors que "la hausse des prix du carburant contraint plus de 6 Français sur 10 à des renoncements au quotidien".

Série de demandes

Dans leur courrier, les députés pointent aussi les profits des compagnies pétrolières. Ils évoquent "plus de 80 millions d’euros de sur-profits par jour depuis le début de la guerre" et dénoncent des marges réalisées à chaque étape de la chaîne. "Cette mainmise complète lui permet de se faire des marges à chaque étape et de reverser tous ces profits colossaux en dividendes aux actionnaires", écrivent-ils à propos du secteur.

Au-delà du constat, les élus formulent une série de demandes. Ils réclament notamment des mesures fiscales adaptées, une révision des mécanismes européens et une action sur la fiscalité du transport aérien. Ils appellent également à une intervention ferme de l’État pour contenir les prix. "Nous comptons vivement sur votre intervention pour contraindre les pétroliers, grands gagnants de cette hausse brutale, à agir rapidement sur les prix".

Autre point d’inquiétude, la dépendance structurelle des territoires insulaires. Les députés mettent en garde contre le risque "de transformer nos territoires insulaires totalement dépendants du carburant, en radeau de la méduse". Ils plaident pour accélérer le développement des alternatives, notamment les énergies renouvelables et les transports moins dépendants aux hydrocarbures.

Enfin, ils demandent une rencontre rapide avec le gouvernement. "Nous sollicitons de vous rencontrer rapidement afin de mettre en œuvre les mesures urgentes et à plus long terme que la situation exige", insistent-ils.

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