Mauvaise rencontre...

Dernièrement, j'ai rencontré trois personnes qui font un bien "drôle" de métier.
En famille, direction la campagne pour une sortie de style balade et farniente, mon épouse au volant, moi-même installé à ses côtés et notre fils bien calé à l'arrière nous nous apprêtions à passer une bonne fin de journée.
Nous passons prendre de l'essence, et à la sortie du premier rond point suivant, mon épouse aperçoit des gyrophares allumés derrière nous, petit coup de sirène, une voiture de police se décale, vient à notre hauteur et nous voyons deux bras nous faire signe de les suivre.
Nous roulons une centaine de mètres et nous nous arrêtons dans un arrêt de bus derrière les policiers.
Deux d'entre-eux sortent, l'un, style "petit nerveux", tout frais sortie de l'école de police, se dirige à grand pas vers la vitre de mon épouse. L'autre, tranquillement, roulant des mécaniques, chaussant ses lunettes à la Starsky, s'approche de ma vitre.
Après un rapide "B'jour", le petit nerveux, tentant de prendre une grosse voix, lance : "vous avez les papiers du véhicule?"
Le second à ma vitre : "Bonjour, vous avez vos papiers?"
Puis, le petit nerveux : "savez pourquoi qu'on vous arrête ?" et sans attendre la réponse, "il avait pas d'ceinture"
Mon épouse: "Pardon ? Nous avons tous notre ceinture ! regardez !"
Et dans le même geste nous montrons tous les trois notre ceinture attachée.
Il répond : "Mon collègue est formel, il avait pas d'ceinture, bon vos papiers m'dame"
Pour ma part, je décroche ma ceinture pour attraper mes papiers à l'arrière du véhicule et cela devant le Starsky qui me regarde le faire, je lui tends mes papiers le tout en insistant sur le fait que j'avais bien ma ceinture et qu'il vient de me voir la décrocher.
Le Starsky me lance alors: "Non monsieur, vous n'aviez pas votre ceinture".
Je répète: "je mets toujours ma ceinture et vous venez de me voir la décrocher".
Ajustant son ceinturon, y calant ses pouces et s'avançant vers moi il répète alors, insistant : "Non monsieur ! Vous n'aviez pas votre ceinture !"
Après leurs avoir remis nos papiers, nous attendrons plus de vingt minutes que le troisième larron établisse la contravention dans son véhicule.
Puis il sortira alors, lentement, ajustant d'une main son pantalon qui descend, un pan de chemise sorti, et d'un pas lourd, il viendra nous remettre papiers et amende.
Puis après, un "au revoir", ils se dirigeront tous les trois, sourire aux lèvres, fiers de leur mission, le torse bombé marchant les doigts dans le ceinturon, et les jambes légèrement écartées, sans doute pour bien démontrer qu'ils en ont entre les jambes.
Malheureusement, un homme qui n'a que pour seul but de plaire à ses supérieurs et de suivre, à la lettre, des directives ministérielles qui imposent de chercher l'infraction et au final de la créer de toute pièce, n'a pas de quoi sourire.
Un homme qui n'a pour but que de faire du chiffre, inventant une infraction pour remplir des statistiques finalement bidons de lutte contre la délinquance routière et au passage ramasser quelques primes annuelles, n'a vraiment pas de quoi être fier.
Et un homme qui profite du pouvoir de sa fonction pour faire une fausse déclaration et infliger une amende sans fondement, cet homme alors, n'a vraiment rien entre les jambes.
C'est devenu un simple exécutant, sans caractère, un lâche qui attend sa bonne note et sa prime et cela au dépend du citoyen pris au hasard...
C'est malheureusement devenu le lot des trois larrons rencontrés ce jour là...
La Police Nationale a, de nos jours, une assez mauvaise image dans la population, mais l'attitude des ces trois larrons n'est qu'un tout petit exemple d'un métier pourtant essentiel, qui n'est devenu qu'un outil majoritairement répressif.
Un métier qui, à chaque acte inutile, perd tous les jours un peu plus de légitimité, et même pire, parfois, puisqu'il devient une simple accumulation d'actes sans fondement et parfaitement illégaux...
C'est devenu un bien "drôle" de métier.
Notre fils, qui a onze ans, nous dira, après le départ de ces "policiers" :
"Je ne comprends pas qu'un policier puisse mentir et faire cela aux gens".
C'est malheureusement une part de la morale de cette histoire, où un petit gars à qui nous essayonsd'apprendre tous les jours à se comporter correctement, se retrouve face à des personnages qui sous prétexte d'être en position de pouvoir se permettent de mentir et d'infliger une amende à un citoyen pris au hasard et qui n'était pas en tort...
Maintenant, mon fils ne comprend pas qu'en réalité on ne puisse même pas faire confiance à des policiers et il y a des chances qu'il s'en méfie comme on se méfie de personnes malhonnêtes.
Et malgré ma meilleure volonté, j'ai du mal à lui faire comprendre qu'ils ne sont pas tous comme cela et qu'ils ne sont pas tous potentiellement aussi malhonnêtes...
Nos trois larrons, rencontrés ce jour là, font donc un sacré "drôle" de métier...
Ils ont fait rajouter une petite ligne aux statistiques de la lutte contre la délinquance routière, ont pris quelques points à valoir sur leur prime mensuelle ou annuelle, pour cela ils ont menti, ils ont joué de leur pouvoir, et produit un acte illégal... Et ils ont ainsi participé un peu plus au dévoiement de la devise de la Police Nationale "Pro patria vigilant " (Ils veillent pour la Patrie) et, malheureusement pas à pas, grâce à ce genre d'acte, l'idée même de "protéger et servir" n'existe plus.


