Volcan : le Parc national accélère le nettoyage des installations obsolètes

Relais abandonnés, dalles bétonnées, anciens équipements techniques… Au piton de la Fournaise, le Parc national et ses partenaires intensifient les opérations pour effacer les « points noirs » et restaurer un paysage unique.
Au cœur du Parc national de La Réunion, le piton de la Fournaise fait l’objet d’un vaste chantier discret mais structurant : celui de la suppression des installations obsolètes qui dégradent son paysage. Un travail engagé de longue date, mais qui a pris une nouvelle ampleur ces dernières années.
Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, le volcan reste un environnement aussi spectaculaire que fragile. Ici, la nature met du temps à reprendre ses droits. Et les traces laissées par l’activité humaine — anciennes stations météo, relais de communication, ouvrages en béton ou clôtures — peuvent perturber durablement les milieux naturels.
Ces équipements abandonnés constituent ce que les gestionnaires appellent des« points noirs paysagers » : des éléments qui rompent l’harmonie visuelle d’un site et dénaturent un environnement pourtant réputé pour son caractère brut et minéral. Au-delà de l’aspect esthétique, ils peuvent aussi présenter des risques, en attirant les visiteurs vers des zones dangereuses ou en compliquant les interventions des secours.
Une cinquantaine d’installations identifiées
Le tournant s’est opéré en 2023 avec un inventaire précis réalisé par les équipes du Parc national. Résultat : une cinquantaine d’installations obsolètes recensées au sommet du massif de la Fournaise, certaines datant d’avant même la création du parc.
Dans la foulée, les opérations de démantèlement se sont accélérées. En 2024, 22 installations ont été retirées en concertation avec leurs propriétaires, parmi lesquels l’Observatoire volcanologique, Météo France ou encore le gestionnaire du gîte du volcan.
Dans le détail, 15 stations de mesure — ou leurs socles en béton — ont été supprimées, ainsi qu’une citerne et plusieurs ouvrages de maçonnerie. Au total, près de 7 m³ de déchets, soit environ 3 tonnes de matériaux, ont été évacués du site.
Une opération logistique lourde, réalisée par hélitreuillage, avant un acheminement vers un centre de tri grâce à l’appui de l’ONF et de la Casud.
Un travail de fond qui se poursuit
L’effort ne s’est pas arrêté là. Une nouvelle mise à jour de l’inventaire a permis d’identifier 16 installations supplémentaires dégradées. Plusieurs équipements ont déjà été retirés sur des sites emblématiques comme le Pas de Bellecombe ou le piton Partage, tandis que d’autres opérations ont concerné le massif du Dolomieu et les abords du cratère Bory.
Au total, 15 nouvelles installations ont été démantelées, auxquelles s’ajoute le retrait d’équipements spécifiques comme des jumelles d’observation devenues obsolètes.
Prochaine étape : le bivouac et les équipements vieillissants
Le chantier va encore se poursuivre dans les prochains mois. Une nouvelle opération est déjà programmée en mai 2026 pour supprimer une zone de bivouac dans l’enclos du volcan, ainsi qu’un tag en bord de sentier. D’anciens garde-corps pourraient également être retirés après expertise de leur état.
Au-delà de ces actions ponctuelles, le Parc national insiste sur une approche globale avec un inventaire des infrastructures, un suivi des aménagements, une cartographie fine des usages et un travail étroit avec les partenaires du territoire.
Objectif affiché : préserver l’intégrité d’un site exceptionnel, façonné depuis des centaines de milliers d’années, et transmettre aux générations futures un volcan débarrassé des traces inutiles de l’activité humaine.


