1593 appels et SMS cumulés : depuis sa cellule, un ex-conjoint violent jugé pour ses appels (un peu) répétés à son ex

Depuis sa cellule, il harcèle son ex-compagne avec près de 1.600 messages.
Jean-Eddy I., actuellement en détention, est jugé en comparution immédiate pour des appels malveillants envers son ex-compagne. Jugé en novembre dernier pour des faits de violences conjugales, il avait introduit un téléphone dans sa cellule pour lui téléphoner.
En l'espace d'un mois, du 8 décembre au 6 janvier, Jean-Eddy I. a envoyé pas moins de 617 textos et 976 appels téléphoniques à son ex-compagne. Le fait est que l'homme est incarcéré depuis novembre dernier pour des faits de violences conjugales. C'est donc avec un téléphone, en détention, qu'il a envoyé ses SMS et appels, de jour comme de nuit.
À la barre, l'homme se justifie ainsi : sans nier les faits reprochés, il voulait simplement voir ses deux enfants au parloir. Or, comme l'a rappelé le tribunal, Jean-Eddy I. n'a pas reconnu ses enfants et n'a donc aucune autorité parentale sur eux.
Du "harcèlement" selon le président
En énumérant le nombre de SMS et d'appels, le président estime que sur un mois, 1.593 tentatives d'entrer en contact avec son ex-compagne, c'est du "harcèlement". Qui plus est, les SMS sont plus des déclarations d'amour que des demandes pour voir les enfants au parloir.
L'homme a 16 mentions dans son casier judiciaire pour divers faits : vol, vol aggravé, outrage, violences conjugales…
L'avocat de la partie civile rappelle la condamnation antérieure de Jean-Eddy I. et explique qu'une interdiction de contact avait été prononcée par le tribunal en novembre dernier. Selon lui, sa cliente ne demande pas de dommages et intérêts, mais souhaite juste que tout cela s'arrête.
Pour le ministère public, on fait face à un "dossier désespérant" : elle rappelle que Jean-Eddy I. a été condamné il y a à peine deux mois et que, lors de sa détention, deux infractions sont constatées : son sursis probatoire prononcé en novembre n'a pas été respecté et il s'est procuré un téléphone en détention. "Il se moque du monde", commente la procureure, avant de requérir 24 mois de détention avec un maintien en détention et une interdiction de contact avec madame pendant trois ans.
Le parquet réclame la fermeté, la défense nuance
La défense évoque une situation "pas claire", arguant que lors des auditions, madame a reconnu avoir répondu à certains appels pour parler avec Jean-Eddy I. Au sujet des appels malveillants, elle rappelle que les principaux messages étaient à vocation amoureuse. Qui plus est, même si monsieur n'a pas reconnu ses enfants, la robe noire rappelle que certaines mères demandent aux pères de ne pas reconnaître les enfants pour avoir des aides, "c'est une réalité". L'avocate de la défense assure par ailleurs que son client va entamer des démarches pour reconnaître ses enfants. Elle demande d'abaisser la peine requise par le parquet.
Après délibération, la justice a décidé de le condamner à 10 mois de prison avec maintien en détention et une interdiction de contact pendant trois ans avec son ex-compagne.


