Missions locales : Jean-Hugues Ratenon interpelle le ministre du Travail sur des moyens jugés insuffisants

57 % des jeunes réunionnais recourent aux missions locales, face à un chômage des moins de 25 ans pouvant atteindre 70 % dans certains quartiers. Jean-Hugues Ratenon alerte le gouvernement sur des moyens jugés insuffisants pour soutenir ces structures.
Le député de la 5ᵉ circonscription de La Réunion, Jean-Hugues Ratenon, a interpellé ce mercredi en commission le ministre du Travail et des Solidarités, Jean-Pierre Farandou, sur la situation financière des missions locales. Des structures qu’il juge "essentielles pour nos jeunes confrontés au chômage et à la précarité", en particulier dans les territoires ultramarins. Une réponse gouvernementale que le parlementaire estime insuffisante, à l’approche des débats sur la loi de finances.
Le dispositif PASSEA, déjà consommé à 100 % dans l'île
Lors de son intervention, Jean-Hugues Ratenon a dénoncé la fragilisation croissante du réseau des missions locales, dans un contexte de baisse des crédits alloués, alors même que ces structures se voient confier de nouvelles missions, notamment le déploiement du contrat d’engagement jeune.
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À La Réunion, les conséquences sont, selon lui, particulièrement lourdes. Le député rappelle que 57 % des jeunes réunionnais ont recours à une mission locale, contre 25 % dans l’Hexagone. Le chômage des moins de 25 ans y atteint 40 %, avec des pointes allant jusqu’à 60 à 70 % dans certains quartiers prioritaires.
S’appuyant sur une récente visite de la mission locale de l’Est de l’île, l’élu a insisté sur le rôle central de ces structures de proximité, non seulement pour l’accès à l’emploi et à la formation, mais aussi pour l’accompagnement en matière de santé et de logement. Il a également alerté sur la saturation du dispositif PASSEA, déjà consommé à 100 % dans le département.
Jean-Hugues Ratenon a ainsi demandé au ministre si le gouvernement comptait respecter les amendements votés au Sénat visant à rétablir les crédits du PASSEA en 2025, et s’il était prêt à instaurer un coefficient correcteur territorial tenant compte de la vie chère et de la précarité accrue des jeunes ultramarins.
Le gouvernement évoque une "péréquation positive" pour l’outre-mer
En réponse, le ministre du Travail et des Solidarités a reconnu l’utilité des missions locales, en particulier dans les territoires d’outre-mer. Jean-Pierre Farandou a affirmé que leurs spécificités étaient déjà prises en compte à travers une péréquation positive, avec des moyens supérieurs à la moyenne nationale.
Selon le ministre, les territoires ultramarins bénéficieraient de 20 à 25 % de moyens supplémentaires par rapport à la métropole, afin de tenir compte de leurs difficultés particulières. Sans pouvoir fournir de chiffres précis pour La Réunion, il a assuré que le gouvernement entendait maintenir ce mécanisme "en l’état".
Sur la question des arbitrages budgétaires à venir, Jean-Pierre Farandou a toutefois reconnu l’existence de divergences au sein de l’exécutif. Il a indiqué que son intention personnelle serait de réduire l’effort budgétaire envisagé, évoquant une baisse moindre que celle initialement annoncée, tout en renvoyant aux débats parlementaires à venir pour trancher définitivement la question.
Un débat relancé à l’approche de la loi de finances
Pour Jean-Hugues Ratenon, cette réponse reste insuffisante au regard de l’urgence sociale que connaissent de nombreux jeunes réunionnais. Le député s’interroge désormais sur la capacité du gouvernement à défendre, lors des débats budgétaires, des structures qu’il considère comme "vitales pour l’avenir de la jeunesse", particulièrement dans les territoires les plus touchés par le chômage et la précarité.


