"La santé publique doit primer" : Philippe Naillet plaide pour une hausse des taxes sur les alcools forts

Alors que le projet de loi de finances pour 2026 revient en discussion à l’Assemblée nationale, le député Philippe Naillet plaide pour un renforcement de la taxation des alcools forts à La Réunion. En jeu, selon lui, un impératif de santé publique face à une situation sanitaire qu’il juge alarmante. Le sujet fait d'ailleurs l'objet d'une passe d'armes entre la Région et le Département.
Le projet de loi de finances (PLF) pour 2026 fait son retour à l’Assemblée nationale en ce début d’année, avec dans ses cartons une mesure très explosive à La Réunion. L’article 25 prévoit en effet la possibilité pour le Département de majorer les tarifs de l’accise sur les alcools produits et consommés localement, ainsi que le tarif normal applicable à la catégorie fiscale des alcools. Une disposition que le député de la première circonscription, Philippe Naillet, entend voir maintenue et défendue jusqu’au bout.
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Aujourd’hui, La Réunion se distingue par une fiscalité particulièrement basse sur les alcools forts. Selon le parlementaire, les rhums et leurs dérivés y sont taxés à un niveau sans commune mesure avec celui de l’Hexagone, jusqu’à cinquante fois inférieur. Une situation qui, d’après lui, contribue directement à entretenir une consommation excessive, encouragée par des prix très accessibles.
Comme il le rappelle, les conséquences sanitaires et sociales sont lourdes. Violences intrafamiliales, accidents de la route, syndrome d’alcoolisation fœtale : la liste des drames associés à l’alcool est longue. L’île reste par ailleurs la première région de France en nombre de décès liés à l’alcool, avec environ 450 morts par an en moyenne selon les données de l’Observatoire régional de santé.
« La santé publique doit primer »
Si Philippe Naillet reconnaît l’importance du tissu économique local et des filières de production, il estime que leur préservation ne peut se faire au détriment de la population et de la cohésion sociale. Pour lui, l’argument économique ne doit pas occulter l’urgence sanitaire.
Le député défend ainsi l’idée que le produit d’une taxation renforcée pourrait permettre de financer plus efficacement les politiques de prévention et de lutte contre les méfaits de l’alcool. « La santé publique doit primer », martèle-t-il, en appelant à un changement de cap assumé.
À quelques jours de l’examen du texte en commission des finances, Philippe Naillet lance un appel à ses collègues parlementaires pour que le dispositif soit maintenu dans le projet de loi de finances. Il annonce également qu’il sera mobilisé, avec son groupe parlementaire, lors des débats en séance afin de défendre cette hausse de la fiscalité sur les alcools forts à La Réunion.


