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Colère aux Comores et à La Réunion après la mort suspecte d’un père de famille

Ecrit par L.C – le samedi 20 décembre 2025 à 10H26

Début décembre, Akibarou Issoufa est décédé dans une prison d’Anjouan. Ce décès a entraîné une vague de mobilisations sur les îles de la Lune, qui trouve un écho ici à La Réunion.

Il avait passé sept mois en détention à la maison d’arrêt de Koki avant son décès brutal à l’hôpital de Hombo, sur l’île d’Anjouan. Akibarou Issoufa, 33 ans, père de quatre enfants, était poursuivi pour abus de confiance et blanchiment de capitaux, à la suite d’une plainte déposée par son ex-femme.

Remontons un peu le fil. Il y a sept mois, Akibarou Issoufa est enlevé sur l’île de Mohéli par des hommes cagoulés et ramené à Anjouan. Là-bas, il est placé à la maison d’arrêt de Koki. D’après les proches du père de famille, cette arrestation musclée serait l’œuvre de son ex-femme, dans une affaire de jalousie : l’homme l’aurait quittée pour refaire sa vie avec une autre. Une version contestée par les autorités comoriennes, qui rappellent qu’un mandat d’arrêt avait été émis à son encontre.

Une "injection" douteuse, des conditions de détention "indignes"

L’annonce de sa mort a mis le feu aux poudres aux Comores. Des manifestations ont éclaté après son décès. En cause : une "injection" douteuse qui aurait été pratiquée sur Akibarou Issoufa lors de son hospitalisation.

À Anjouan, la jeunesse a vivement protesté contre son incarcération. La maison d’arrêt de Koki est réputée pour ses conditions insalubres : selon la presse comorienne, les détenus y sont parfois vingt par cellule. Plusieurs nuits d’affrontements ont également secoué l’île d’origine d’Akibarou Issoufa, à Mohéli.

Avant son hospitalisation, le trentenaire avait adressé une lettre au dirigeant de l’archipel, dénonçant la dégradation de sa santé, son arrestation arbitraire et ses conditions de détention.

Une mobilisation à La Réunion

Après son décès, une plainte a été déposée par ses proches, visant le procureur de Mutsamudu, un juge d’instruction et plusieurs gendarmes, pour enlèvement présumé. Une plainte restée sans suite à ce jour.

À La Réunion, un collectif de mères originaires de Mohéli s’est mobilisé devant le consulat comorien à Saint-Denis. "On n’est pas là pour s’amuser, on n’est pas là pour juger quelqu’un, mais on est là pour dénoncer ce qui s’est passé", déclare Abdou Djae Sitty-Nouria, membre du collectif.

Elle et ses compatriotes dénoncent un "assassinat" et appellent à mettre fin à l’impunité et à la corruption. Pour cette occasion, elles ont observé une minute de silence devant le consulat, avant de diffuser l’hymne comorien et de lire des passages du Coran en hommage à Akibarou Issoufa.

Etiquettes : Comores

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